En résidence à Castel Gandolfo, Léon XIV a célébré la fête de Notre-Dame du Lac le samedi 29 août par une messe anticipée du dimanche. Il a donc commenté l’évangile du dimanche lors de son homélie du 29 août ainsi que lors de l’angélus du 30 août.
Léon XIV a repris la coutume des papes de passer l’été à Castel Gandolfo, où sont aussi morts Pie XII et Paul VI. Il en a profité pour y célébrer, le 29 août, la fête de Notre-Dame du Lac, comme l’avaient déjà fait dans le passé certains de ses prédécesseurs. Saint Paul VI avait souhaité et soutenu la construction de ce sanctuaire marial qu’il a consacré, et saint Jean-Paul II avait voulu en rappeler la mémoire et en renouveler le message.
La Pâque du Messie
L’Évangile du jour commenté par le Pape nous parle de Jésus révélant à ses disciples le mystère de sa Pâque imminente : le Messie devra « partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter » (Mt 16, 21-27). Cette montée vers Jérusalem est très marquée chez saint Luc, qui nous montre comment Jésus prit résolument le chemin qui devait le conduire à la mort.
Ici, le Pape commente le texte de saint Matthieu. Ce qu’affirme Jésus est très loin des attentes non seulement des Apôtres, mais de tout le peuple juif en général, qui espéraient un Messie royal et triomphant, avec l’aide duquel ils pourraient vaincre et piétiner leurs ennemis. C’est manifeste pour les deux Judas, le traitre et le zélote. Mais cela l’est aussi pour Pierre. Les Apôtres avaient déjà eu l’occasion de s’étonner de nombreux gestes et paroles de Jésus. Ce dernier message dépasse de toute évidence toutes leurs prévisions.
Pierre, en particulier, manifeste son désaccord et réprimande Jésus en lui disant : « Dieu vous en garde, Seigneur ! Cela ne vous arrivera pas. » Cela se passe aussitôt après la profession de foi sur le chemin de Césarée de Philippe, où il avait reconnu en Jésus « le Christ, le Fils du Dieu vivant ». À présent, surpris et déçu par les paroles de Jésus, Pierre se met directement en contradiction avec sa très belle profession de foi. Son élan de zèle, certes animé par un amour sincère, nous donne néanmoins matière à réflexion. Pierre est entier. On le retrouvera ainsi lors du lavement des pieds et de la trahison qui suivit.
Mais cela doit nous faire réfléchir. Tout est grâce. Nous ne sommes pas meilleurs que les autres. Ne jugeons jamais et prions tous les jours pour la grâce de la persévérance. Ne disons jamais : « Cela ne m’arrivera pas », mais humblement, comme saint Philippe Néri, disons au Seigneur : « Seigneur méfiez-vous de moi. » En effet, pour nous aussi, il n’est pas toujours facile de comprendre et d’accepter les voies de Dieu, surtout lorsqu’elles sont éloignées des nôtres. Nous sommes alors tentés de penser que c’est le Seigneur qui se trompe, ou qu’il ne nous écoute pas, ne s’intéresse pas à nous.
L’enseignement de Pierre
Saint Pierre, malgré son impulsivité, nous enseigne de ne jamais interrompre, même dans ces moments-là, le dialogue avec le Seigneur, mais au contraire de lui exprimer avec confiance notre difficulté à comprendre ce qu’il nous demande. Il nous enseigne aussi de ne jamais juger l’œuvre de Dieu, mais plutôt de nous mettre à l’écoute, avec humilité et dans la prière, de ce qu’il nous révèle à travers son action, même lorsque cela ne correspond pas à nos attentes.
Jésus répond donc à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! » et il lui explique, ainsi qu’à nous, que, pour marcher sur ses traces, il faut renoncer à soi-même, prendre sa croix et le suivre. Pierre le fera après une chute où il apprendra beaucoup. Relevé par le Christ ressuscité, il restera fidèle aux paroles du Christ qu’il reconnaîtra comme son Rédempteur jusqu’au martyre.
Demandons au Seigneur d’avoir, nous aussi, dans notre vie de foi et dans notre prière, la même sincérité que Pierre – pour lui dire humblement ce que nous ressentons vraiment, même lorsque notre cœur est troublé –, et, en même temps, de savoir cultiver sa même docilité, en acceptant ce qu’Il nous demande au-delà de nos attentes.
Que la Très Sainte Vierge Marie nous aide, elle qui fut toujours obéissante aux desseins de Dieu jusqu’au pied de la croix de son fils Jésus, avec une foi que Jean-Paul II compara à celle d’Abraham.
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