DOSSIER n° 1861 : « Des tranchées aux Orphelins d’Auteuil, le sacerdoce du père Brottier »
Sur les 160 ans de vie de la Fondation, le père Brottier n’en aura tenu les rênes que treize ans… Et pourtant l’empreinte est formelle. Ce dernier ministère, qui l’aura vu mourir avant qu’il n’ait 60 ans, fut la preuve ultime de sa vocation personnelle intime et profonde : le service des autres, dans la fidélité à la mission de sa congrégation. Entretien avec le père Xavier Lepin, spiritain.
| À quel moment est née l’œuvre des Orphelins Apprentis d’Auteuil ?
Elle a été fondée le 19 mars 1866, par l’abbé Louis Roussel, et s’appelait à l’époque « l’Œuvre de la Première Communion ». Nous étions en plein exode des campagnes et nombre d’enfants finissaient à la rue, sans avoir jamais vraiment suivi leur catéchisme. Il a commencé par en recueillir un, puis plusieurs, et a fini par louer, pour eux, une maison abandonnée à l’actuel 40, rue Jean de la Fontaine, dans le quartier d’Auteuil à Paris.
L’idée était de s’en occuper, de leur apprendre à lire et à écrire et de leur faire faire leur première communion, le tout en l’espace de trois mois ! Jusqu’au jour où il perçoit la nécessité de leur donner un métier, dans une situation économique de plus en plus difficile, et il ouvre ses propres ateliers. C’est ainsi que naissent, en 1871, les Orphelins Apprentis d’Auteuil, la première école professionnelle française. Ils s’illustrent tout particulièrement dans le métier de l’imprimerie avec un journal hebdomadaire, La France illustrée.
| Comment le père Brottier arrive-t-il dans l’aventure ?
Cette œuvre du diocèse de Paris est à ce moment-là en faillite. L’archevêque de Paris cherche à tout prix à empêcher sa disparition, comprenant l’importance sociale qu’elle représente. Il contacte d’abord la congrégation des salésiens de don Bosco. Puis, en se penchant sur son histoire, il découvre que l’abbé Roussel s’était aussi adressé, dans un premier temps, à la congrégation du Saint-Esprit. Il écrit donc aux missionnaires en leur demandant de relever cette œuvre moribonde et de la développer. Notons qu’il est écrit, dans la règle de vie spiritaine : « Nous répondons à la demande d’un évêque lorsque l’œuvre est difficile et qu’il ne trouve pas d’ouvriers. » C’était le cas ! Pour ce qui est du choix, le père…







