École française, où en est-on à la rentrée 2026 ?

Publié le 18 Sep 2026
école france pisa rentrée

L’effondrement scolaire concerne toutes les matières.

L’effondrement du niveau des élèves de notre pays tant en français qu’en mathématiques manifeste une situation préoccupante de l’enseignement mais aussi de la France en général. Un constat que dresse cette année encore le rapport Pisa de l’OCDE.

  C’est une demi-surprise. Les résultats de la France à l’enquête internationale Pisa, conduite par l’OCDE auprès des élèves de 15 ans, sont les plus bas de son histoire. Depuis l’an 2000 et sa première participation, la France a perdu 49 points en compréhension de l’écrit et 53 points en mathématiques. Mais cette chute, pour spectaculaire qu’elle soit, est surtout le résultat d’un décrochage récent. Ainsi, depuis 2018, les élèves français ont perdu 37 points, aussi bien en compréhension de l’écrit qu’en mathématiques. Ces observations Pisa sont corroborées par la DEPP, le service statistique de l’Éducation nationale. En 1987, un élève de CM2 commettait en moyenne 10,7 erreurs dans une dictée standardisée de 67 mots. Trente-quatre ans plus tard, confronté exactement au même texte, son successeur en commet désormais 19,4. Dans le même temps, la proportion d’élèves faisant au moins 25 erreurs a quadruplé, passant de 6,9 % à 27,5 %.

Des circonstances atténuantes ?

Face à un tel naufrage, les plus optimistes – ou les plus naïfs – se veulent rassurants et font valoir que la France demeure assez proche de la moyenne des 37 pays de l’OCDE. D’autres cherchent des circonstances atténuantes et ne craignent pas d’accuser la canicule, à l’instar de Mustafa Ozcelik, vice-président de la Fédération des Conseils de Parents d’Élèves (FCPE). Si les causes de cet effondrement sont évidemment multiples et dépassent en effet les seules frontières françaises, à commencer par l’omniprésence de l’Intelligence artificielle et la multiplication des contenus numériques qui mettent à mal les capacités de concentration des jeunes, elles ne sauraient servir d’alibi aux défaillances propres à notre système scolaire. Au premier rang de celles-ci figure l’abaissement ininterrompu des exigences, qui se traduit notamment par des taux de réussite au baccalauréat général devenus ahurissants. En 2026, près de 96 % des candidats ont obtenu leur diplôme, ce qui interroge nécessairement la valeur de cet examen auquel presque plus personne n’échoue. En dépit de la volonté affichée par le ministère de l’Éducation nationale de remettre l’accent sur « la maîtrise du langage », les inspecteurs continuent pourtant, en interne, de demander aux enseignants de ne pas pénaliser les élèves pour leur orthographe.…

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Pierre-Yves Gévresin

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