> DOSSIER n° 1862 : « Des pèlerinages régionaux aux racines chrétiennes de la France »
Le renouveau de ces pèlerinage s’appuie sur la revendications des racines locales. Un phénomène profondément ancré dans la nature humaine, dont un texte de la Commission théologique internationale montre l’importance et la bienfaisance. Voir la carte de France des pèlerinages régionaux traditionnels ici.
La culture locale. C’est là un outil que la plupart de ces pèlerinages régionaux entendent valoriser pour raviver la foi dans les cœurs. Jean-Eudes Argouarc’h, président du pèlerinage de Normandie, Dex Aïe, explique le rapport qu’il voit entre la culture et la foi : « Je pars du principe que le bon Dieu nous a donné une belle terre, et que les anciens ont créé quelque chose avec cette terre, localement. La culture s’est formée sur la base de ce don de Dieu. Pour nous rapprocher de notre Créateur, il est donc bon de nous rapprocher de ce qu’il nous a donné. La culture peut être un outil pour cela. » D’autant plus que la culture française est imprégnée de la foi. Aucune région ne manque de calvaires ou d’églises. La plupart des blasons sont marqués d’une croix. En Savoie, le pèlerinage Notre-Dame des Cimes cherche justement à renouer avec ce patrimoine : « Nous vivons dans une société sans repères. Pourtant, les gens ont besoin d’être enracinés. Plus nous rapprocherons les gens de leurs racines, plus nous les aiderons à se rapprocher du bon Dieu », affirme François Rouches, président de ce pèlerinage. En 1988, la Commission théologique internationale du Vatican avait rédigé une note sur les rapports entre la foi et la culture. Elle y montre que les cultures « peuvent jouer un rôle positif de médiation pour l’expression et le rayonnement de la foi chrétienne » (n. 5). La Commission théologique affirme en particulier que la culture, lorsqu’elle est « fidèle à la droite raison », est adéquate à la nature humaine : citant la constitution pastorale Gaudium et Spes, elle affirme :
« C’est le propre de la personne humaine de n’accéder vraiment et pleinement à l’humanité que par la culture, c’est-à-dire en cultivant les biens et les valeurs de la nature. […] Au sens large, le mot “culture” désigne tout ce par quoi l’homme affine et développe les multiples capacités de son esprit et de son corps. » (chap. II, n. 53)
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