> DOSSIER n° 1865 : « Le trésor de la liturgie byzantine »
La chapelle consacrée aux chrétiens d’Orient dans Notre-Dame de Paris rénovée poussera-t-elle les catholiques latins à découvrir les rites, trop souvent incompris ou ignorés, des Églises catholiques orientales ? Ces rites trouvent tous leur origine, comme notre rite latin traditionnel, dans l’héritage directement reçu des apôtres, notamment le rite byzantin.
Cinq rites orientaux subsistent : antiochien, alexandrin, arménien, chaldéen et byzantin. Pourquoi chercher à les découvrir, alors qu’ils paraissent parfois un peu exotiques ? Selon le cardinal Tisserant (1884-1972), de la Sacrée Congrégation pour l’Église orientale, dans la préface d’un livre de Nicolas Liesel sur Les Liturgies catholiques orientales : « Les prières de ces diverses liturgies, qui remontent aux tout premiers siècles de l’Église, sont imprégnées de la plus ardente piété. La profondeur de leur symbolisme et la richesse de leur enseignement théologique les feront apprécier par les chrétiens de toutes les traditions, dont ils accroîtront la dévotion et la culture spirituelle. » Pour désigner ce que les Latins appellent « messe », les Orientaux préfèrent parler de « Divine Liturgie ».
Une certaine stabilité
Le rite byzantin (grec), ou rite constantinopolitain, provient de la synthèse entre l’ancien rite de l’Église de Constantinople, tombé en désuétude au Xᵉ siècle, et la forme monastique du rite de l’Église de Jérusalem, disparu à partir des croisades. Du rite byzantin dérivent les rites des Églises melkite, ukrainienne, roumaine, ruthène, slovaque, hongroise, bulgare, croate, macédonienne, russe, biélorusse, albanaise, italo-albanaise, hellène, serbo-monténégrine, tchèque et géorgienne. Les Byzantins utilisent une langue liturgique, comme le slavon dans les rites russe et ukrainien (quand le prêtre célébrant l’a étudié au séminaire, ce qui n’est pas le cas de tous, même si la langue liturgique officielle de ces Églises reste le slavon), le grec ancien chez les Melkites ou le vieux roumain dans le rite du même nom. Les rites orientaux catholiques ont gardé, d’une manière générale, une grande stabilité dans les diverses parties du monde où ils sont en vigueur. Ces Églises ont pu conserver leur rite propre dans son intégrité quand elles ont rejoint l’Église catholique romaine à diverses époques, mettant fin à la rupture consommée en 1054 : pour ne parler que des Byzantins, en 1596 pour les Ukrainiens (ou Ruthènes), en 1698 pour les Roumains ou en 1724 pour les Melkites. Avec, bien sûr, l’ajout du nom du pape durant le canon, elles célèbrent donc…






