Début septembre, les Houtis se sont emparés du détroit de Bab el-Mandeb, la voie d’accès au canal de Suez tandis qu’un oléoduc saoudien était détruit. Donald Trump refuse cependant de réagir. De Washington à Jérusalem, les choix stratégiques des dirigeants ont contribué à faire basculer la région dans une dangereuse fuite en avant.
Le 10 septembre, les Houthis du Yémen faisaient mouvement vers la côte donnant sur la mer Rouge et s’emparaient en 48 heures de Mokha et Dhubab puis de Perim, l’île située au milieu du détroit de Bab el-Mandeb, la voie d’accès au canal de Suez. En d’autres termes, les Houthis, alliés chiites de l’Iran et en guerre contre l’armée saoudienne, venaient de se rendre maîtres d’un détroit et passage obligé du pétrole destiné à l’Europe, après celui d’Ormuz par les Iraniens. Ce n’est pas tout ! Simultanément, l’oléoduc de Yanbu, du nom du port saoudien sur la mer Rouge, était détruit par des drones en neuf points différents. De l’aveu même du pouvoir irakien, il s’agirait d’opérations dépêchées de son sol et menées, peut-on présumer, par des milices chiites obéissant à Téhéran. Cet oléoduc permet d’éviter les détroits d’Ormuz et de Bab al-Mandab pour accéder au canal de Suez et à la Méditerranée. En clair, les Iraniens, grâce à leurs « proxies », tiennent l’Europe sous leur coupe par le truchement des approvisionnements en carburant.
À la tête des affaires, le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, a appelé à deux reprises Donald Trump, le priant de bombarder les positions des Houthis. Tout net, celui-ci a refusé. « Les Houthis nous ont parlé, a-t-il affirmé. Ils ne veulent pas se battre contre nous (…) Ils ne veulent pas de notre intervention »…
Un désastre à venir ?
Après avoir déchaîné les feux de l’enfer en lançant la guerre contre l’Iran en févier dernier, Donald Trump laisse les Saoudiens et les Européens seuls face au désastre. Or, à Yanbu, les cuves ne contiennent qu’une semaine de réserve en carburant pour charger les tankers… Certes, les Houthis disent ne pas vouloir s’en prendre au flux pétrolier. Pour le moment du moins. D’autre part, il reste une autre voie d’accès vers l’Europe en contournant le continent africain. Mais avec un surcoût. De toutes les façons, ici en Europe, nous en paierons le prix à la pompe. La responsabilité de cette situation revient…







