5 astuces pour vivre la générosité au quotidien

Publié le 29 Nov 2022
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En cette journée mondiale de la générosité, nous vous proposons 5 astuces pour vivre le don de soi au quotidien. Pratiquer la générosité contribue à illuminer ceux qui nous entourent. Et oui, c’est aussi cela s’attacher à devenir « la lumière du monde » !

 

1ère astuce : Offrir notre joie

A la suite de la bataille de Dien Bien Phu (1954), défaite de l’armée française devant les Vietminh communistes, nombre de soldats et d’officiers se sont retrouvés en captivité au tristement célèbre Camp n°1. Le Colonel Jacques Allaire, qui n’était alors que lieutenant, explique les deux raisons qui, seules, lui permirent de s’en sortir : la famille et la joie. Il était moins question de force physique que de résistance morale.

La famille, car la pensée d’une femme et des enfants à retrouver donnait aux prisonniers un objectif de survie malgré le dénuement, les conditions extrêmes et le matraquage idéologique effectué par les agents de la propagande marxiste. La joie enfin, car « sans joie, on ne peut vivre ». En dépit des humiliations, la pratique de l’humour et l’échange de sourires valaient leur pesant d’or.

Et nous ? Il appartient à chacun de prendre éminemment conscience combien, dans notre vie domestique, le don d’une fantaisie joyeuse peut transformer radicalement l’atmosphère familiale ! Davantage encore que débarrasser la table ou vider les poubelles, distribuer quotidiennement de la joie et de la bonne humeur autour de soi est un bien précieux. Se refuser d’avoir la mine grincheuse, le baptisé, parce qu’il se sait créature de Dieu, se doit d’avoir « une gueule de sauvé » pour reprendre la formule de Nietzsche.

2ème astuce : Offrir notre temps

Le lapin pressé d’Alice au pays des merveilles, qui n’a pas le temps de dire au revoir parce qu’il est en retard, illustre avec éloquence l’un des drames du monde moderne : nous nous persuadons de n’avoir plus de temps. Tout est empressement, course et agitation. En vue d’un gain de temps nous répétons-nous. Mais pour gagner quoi au juste ?

La vie familiale, hélas, ne se trouve pas exempte d’un tel état d’esprit. La fatigue des parents, leur hâte (souvent légitime) de voir leurs petits enfin au lit, ne saurait pour autant justifier ne pas prendre le temps pour accomplir ses tâches. Certes les journées ne font que 24 heures, mais la sérénité d’âme doit nous engager à savoir remettre à demain ce qui n’a pu être accompli le jour même. Et sans faire l’éloge de la procrastination, il s’agit aussi peut-être de mettre de l’ordre dans nos occupations et nos priorités. Toutes sont-elles indispensables ? Avouons-le : que de temps perdu, abimé ou gâché par l’usage des écrans…

Offrir de son temps, c’est conserver la vigilance du regard sur ceux dont on a la charge, une attention en amont sur les potentiels besoins de ceux qui nous entourent : enfants, amis, conjoint, voisins… Ne pas regarder sa montre, ne pas compter son temps, voilà ce qui (re)donne à notre prochain toute sa dignité d’enfant de Dieu. L’écoute, la disponibilité et le soutien constituent des ingrédients formidables au bénéfice de la paix dans nos relations du quotidien. Autrement dit, à nous de nous convaincre qu’il ne s’agit jamais de temps perdu.

3ème astuce : Offrir notre considération

Plus encore que le temps offert dans l’écoute et le soutien, l’intérêt que l’on porte à notre prochain, notre curiosité à son endroit, les questions que l’on s’attache à lui poser, sont en mesure de mettre en valeur notre interlocuteur. Cette vérité, claire comme de l’eau de source, pourrait sembler évidente.

Et pourtant… le vieil homme souhaite sans cesse prendre le dessus. Notre égoïsme, notre esprit d’indépendance, quand ce n’est pas notre fierté ou notre amour-propre, empêchent souvent notre considération pour les autres de s’exprimer. Notre générosité doit consister aussi à sublimer ceux qui nous entourent. Les féliciter, les encourager, les réconforter. L’encouragement fait partie de l’une des munitions les plus précieuses pour susciter de l’entrain et de l’enthousiasme.

Se sentir considéré donne des ailes. D’abord parce que cet appétit intime de reconnaissance s’enracine dans la soif de justice qui habite le cœur de tout homme. Mais aussi parce que cette considération dont on peut être le bénéficiaire nous invite à nous dépasser encore plus pour attester que cette dernière n’est pas vaine.

Ces petits mots de félicitations distribués dans le quotidien de la vie domestique ou professionnelles embellissent nos journées et donnent, tant à ceux qui les formulent qu’à ceux qui les reçoivent, réconfort et chaleur intérieure. Julien Green ne dit pas autre chose lorsqu’il affirme : « Il y a autant de générosité à recevoir qu’à donner ». A chacun de nous d’y penser !

4ème astuce : Offrir la vérité

Si toute vérité n’est pas bonne à dire, il faut avouer que beaucoup de vérités qui devraient être dites ne sont pas explicitées… Par lâcheté. Par paresse. Par inconfort. Ou, encore, par ignorance crasse (formule expressive pour évoquer une ignorance coupable « je ne savais pas alors que j’aurais dû le savoir ») . « Savoir rendre raison de l’espérance qui nous habite » (1 Pierre 3, 15), voilà l’une des lignes directrices qui doit orienter notre générosité.

La générosité à l’endroit de son prochain ne peut s’exonérer d’offrir le plus beau présent qui soit : celui qui est la voie, la vérité et la vie. « Un seul est le Seigneur » ! (Ephésiens 4, 5) L’omission est d’autant plus coupable lorsque le sujet de l’omission est celui-là même qu’on est censé publier sur tous les toits.

Notre bon zèle au service du prochain doit donc plonger ses racines dans une formation solide et permanente pour ne pas avoir à rougir de notre avarice ou misère spirituelle (la plus grande des pauvretés selon Mère Teresa, c’est l’ignorance du Christ…). La fréquentation de livres plutôt que le voyeurisme sur Instagram, la lecture de la Parole de Dieu (spécialement les saints évangiles) plutôt que le vagabondage sur Twitter, l’étude de son catéchisme plutôt que la distraction sur Candy Crush…

Notre saint baptême nous a fait enfant de Dieu, frère de Jésus-Christ et temple du Saint-Esprit. Les paroles de la vie éternelle ont été plantées dans notre âme. Et nous les garderions seulement pour nous ? Servir la vérité au bénéfice de notre prochain, spécialement ceux dont nous avons la responsabilité devant Dieu, n’est pas une affaire superfétatoire. Elle sera l’objet d’un jugement de Dieu, à l’instar de la parabole des talents. On comprend mieux la parole de Saint Ambroise « Dieu ne nous jugera pas sur ce que nous aurons donné mais sur ce que nous aurons gardé ».

5ème astuce : Offrir notre prière

Dans le deuxième tableau de la scène 1 du Dialogue des Carmélites, Georges Bernanos met dans la bouche de la Prieure du Carmel qui s’adresse à Blanche de la Force, jeune fille qui aspire à devenir religieuse, une méditation profonde sur le sens de la prière :

« Si la croyance en Dieu est universelle, ne faut-il pas qu’il en soit autant de la prière ? Hé bien, ma fille, Dieu a voulu qu’il en soit ainsi, non pas en faisant d’elle, aux dépens de notre liberté, un besoin aussi impérieux que la faim ou la soif, mais en permettant que nous puissions prier les uns à la place des autres. Ainsi chaque prière, fût-ce celle d’un petit pâtre qui garde ses bêtes, c’est la prière du genre humain. »

Le premier bien de l’homme, pourrait-on dire, c’est la prière. « Capable de Dieu », l’homme est en effet le seul être vivant ici-bas en mesure de s’adresser au Très-Haut. On n’a jamais vu des fourmis faire une procession du Saint-Sacrement ni un requin s’abstenir de surfeurs le vendredi… Si la prière est un bien inestimable, là encore, il s’agit en conséquence d’en faire profiter autrui.

Vivre la générosité au quotidien revient aussi à porter dans son âme les intentions de ceux qui partagent notre vie, que nous avons pu croiser durant la journée. « Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute circonstance faîtes connaître à vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâce. » nous dit saint Paul ! (Philippiens 4, 6)

Recommander à Dieu ceux qui souffrent et s’unir aux actions de grâce des personnes qui sont dans la joie relève donc de la charité élémentaire. Sachant que sans Dieu nous ne pouvons rien faire, il nous faut rajouter que la prière est non seulement élémentaire mais qu’elle est surtout indispensable.

 

A lire également : Doit-on donner à un pauvre dans la rue ?

Père Danziec +

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