« La conférence citoyenne est favorable au suicide assisté », apprenait-on lundi 16 décembre dernier dans la presse nationale. Ladite conférence s’était réunie durant trois week-ends à huis clos en novembre et décembre pour entendre les avis de plusieurs experts et préconise, après ces auditions, la légalisation du suicide médicalement assisté et l’inscription dans la loi d’exceptions d’euthanasie. « Conférence citoyenne », voulue par le gouvernement pour ouvrir le débat sur la fin de vie, une formulation qui laissait croire que de nombreux citoyens avaient été consultés. De fait, on en a conclu que la majorité des Français étaient favorables au suicide assisté. Quoique le nombre ne soit pas un critère suffisant pour déterminer la valeur d’un acte – en l’occurrence celui d’achever un malade – il peut être intéressant de sonder l’opinion publique. Sauf que la conférence en question s’avère être un petit groupe de 18 personnes, prétendument représentatives de la société française.Le décor est planté : le débat sur la fin de vie n’en sera pas un. On assistera tout au plus à un simulacre de débat, sauf miracle ou réveil de la population française. Déjà, on se réjouit ici et là des similitudes de processus d’évolution des mentalités entre la question de l’avortement et celle de l’euthanasie. L’exception d’euthanasie, censée empêcher le gouvernement de franchir la ligne rouge, celle de l’autorisation pure et simple, n’est qu’un leurre. Pourquoi faudrait-il faire une exception pour certains et pas pour d’autres ?
Le poids de l’émotion
Avant la publication des conclusions de la conférence citoyenne, un autre évènement avait ajouté de l’eau au moulin des promoteurs de l’euthanasie. Sandrine Rousseau, porte-parole d’Europe Écologie Les Verts, publiait le 8 décembre un témoignage sur le suicide de sa mère, rongée par un cancer. Du pain béni pour le gouvernement. L’histoire relatée par Sandrine Rousseau vient s’ajouter à celles de Vincent Humbert, Chantal Sébire et tous les autres. Elles donnent l’illusion d’ancrer le débat dans du réel, du vécu…
Une loi hypocrite
La loi sur la fin de vie en vigueur serait hypocrite, arguent les militants pro-euthanasie, car elle interdit l’euthanasie alors que les autorités savent pertinemment que des médecins la pratiquent régulièrement. Une loi qui n’est pas respectée serait donc hypocrite ? Alors c’est tout le Code civil qu’il faudrait revoir ! En réalité, l’hypocrisie est du côté de ces tueurs en série qui œuvrent, seringues à la main, pour que, poussé par la pression médiatique, le gouvernement fasse d’un état de fait un état de droit.
L’autonomie
Outre l’argument de l’hypocrisie de la loi, c’est bien entendu l’autonomie et la dignité qui forment les deux principaux étendards des croisés de l’injection létale. Mais paradoxalement, ceux qui réclament le suicide assisté, entendent ainsi échapper au bon vouloir du médecin et mourir quand bon leur semble. Pourtant, si assistance il y a, ce sera celle du médecin et de tout le corps soignant qui fournira les produits nécessaires. En réalité, cette autonomie revendiquée n’est qu’une chimère, les militants pro-euthanasie ne veulent pas être indépendants par rapport aux médecins, ils les veulent à leurs ordres. La liberté donc, pour eux mais pas pour les autres…