Pas de culture chrétienne sans Dieu

Publié le 14 Jan 2026
culture chrétienne

Le Sacré-Cœur, à Paris, construit à la suite d’un vœu national. La France en serait-elle encore capable ? (CC BY-SA 2.0, Mark Fisher)

> L’Essentiel de Joël Hautebert
De multiples motivations et intentions expliquent un regain de revendication de la culture française et chrétienne. Mais on ne peut vouloir une civilisation chrétienne en évacuant son fondement, Dieu, dans le mystère de la Sainte Trinité.

  Face au multiculturalisme et à la montée de l’islam, des voix s’élèvent pour rappeler la place majeure du christianisme dans notre culture française et notre civilisation. Les interventions de ce genre n’émanent pas nécessairement de catholiques, loin s’en faut. Nous songeons bien sûr au récent ouvrage d’Éric Zemmour (1), mais aussi à des initiatives locales, à l’image de l’installation de crèches dans des mairies ou des lieux publics à l’occasion des fêtes de Noël, malgré les poursuites judiciaires menées au nom d’une « laïcité à la française » qui bannit toute expression visible du christianisme dans l’espace public. Ces actions ne concernent pas le seul territoire national. En Angleterre, le mouvement de Tommy Robinson a repris et modifié le slogan de Donald Trump au profit de Noël, Make Chrismas Great Again, faisant de la célébration publique de la Nativité un acte de résistance politique à l’islamisation du pays. 

Des fins politiques et civilisationnelles

Des pratiques rituelles et sociales et des manifestations culturelles chrétiennes sont ainsi rappelées et restaurées à des fins politiques et civilisationnelles. Il n’y a aucune raison de s’en offusquer de manière systématique ni de s’en réjouir sans inventaire, car les motivations sont multiples, aussi diverses que les intentions qui animent ceux qui manifestent publiquement un attachement aux racines chrétiennes de la France ou de l’Europe. Il convient surtout d’en montrer les limites, par souci d’efficacité. De nombreux agnostiques, restant sous le porche de l’Église, voire même loin du parvis, reconnaissent objectivement les bienfaits sociaux et politiques du christianisme. Les œuvres de charité au profit des pauvres et des plus petits, la beauté des créations artistiques du passé et des cérémonies religieuses, le sens de la justice, l’amour de la vérité sont autant de marqueurs intellectuels et de réalisations pratiques qu’un agnostique sincère peut reconnaître à l’Église et à ses fidèles. Cette reconnaissance est d’autant plus aisée pour un esprit droit que le christianisme est au cœur de notre propre civilisation et apparaît aujourd’hui comme un recours indispensable pour sortir des ornières où nous sommes enfoncés.

Une voie propre aux Européens ?

Une autre attitude est également observable, qui consiste à…

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Joël Hautebert

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