Les déceptions dans le mariage

Publié le 22 Juil 2014
Les déceptions dans le mariage L'Homme Nouveau

Après la phase d’émerveillement, la routine peut rapidement s’installer au sein du mariage, si un sentiment plus profond n’est pas entretenu.

 

Des déceptions sont souvent ressenties dans les couples après une période plus ou moins euphorique. Après le coup de foudre des débuts ou l’état amoureux dans lequel nous nous croyions installés, voilà que les désillusions nous guettent. Il est utile d’analyser ce qu’est le « coup de foudre ».

Ce coup de foudre est comparable à une onde électrique qui déclenche notre système amoureux et l’amène à son apogée. Les hormones qui sont produites dans notre organisme à ce moment sont la dopamine et l’adrénaline qui donnent un effet comparable à celui de la cocaïne ! Alors pendant cette période de l’émerveillement en face de l’être aimé, on ne pense qu’à se retrouver. On a l’illusion que l’autre est parfait ; on ne peut imaginer faire quoi que ce soit qui puisse blesser l’autre ; on se croit capable de tout sacrifier pour lui, pour elle.

Cet état ressemble plutôt à de l’obsession amoureuse qu’à l’amour vrai car cela s’empare de nous sans que nous l’ayons cherché, cela n’exige aucun effort ; les défauts de l’autre apparaissent insignifiants !

 

Les effets secondaires !

Mais cet état euphorique ne subsiste pas durablement. Au bout de six mois à deux ans, il décroît et heureusement, car pendant ce temps on n’a plus aucun intérêt pour autrui ou autre chose. On n’arrive pas à se concentrer sur son travail ou ses études. On passe ses journées à penser à lui, à elle.

L’état amoureux tend à réduire bien souvent nos facultés rationnelles court-circuitant le jugement et même le bon sens. Il faut passer de l’obsession amoureuse au véritable amour ! Il faut se préparer à cette évolution et ne pas s’en inquiéter, au contraire : il faut accéder à la maturité de l’amour.

Car quelle est la véritable définition de l’amour ? C’est d’abord la volonté du bien de la personne aimée. C’est la décision de consacrer notre énergie au profit de l’autre. L’amour fait intervenir effort et discipline. Le jugement s’exerce, on y voit clair, on sait ce que l’on veut. Pas besoin d’euphorie ! Mais on fera tout pour maintenir l’enthousiasme. Sinon, quelle tristesse !

L’amour se construit jour après jour, non seulement avec la volonté, mais aussi en sublimant les passions de l’âme. L’amour se maintient grâce à toutes les marques d’affection et doit progresser tout au long de la vie.

Cependant l’environnement n’est pas favorable à cette bonne définition de l’amour. Les modèles de l’homme et de la femme qui nous sont proposés dans les films et les revues sont des modèles faussés par l’hédonisme ambiant. On ne constate que trop de couples qui se séparent même dans les milieux catholiques. Chaque couple qui se sépare fragilise l’entourage car nous finissons par douter que la fidélité soit possible, que l’on puisse être heureux dans le mariage.

« Aimer c’est tout donner et se donner soi-même » (sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus). Oui bien sûr, mais la routine est l’ennemi numéro un de la vie conjugale, constatons-nous au cours de chaque session que nous animons ; c’est l’obstacle dont se plaignent la plupart des couples après quelques années de mariage, et cela est une autre déception de taille !

 

Rien d’acquis

En fait notre conjoint s’étant donné à nous, nous avons alors l’impression que « c’est acquis » et nous risquons de nous comporter comme s’il nous appartenait, quel que soit notre comportement. Finie la cour ! Terminées les petites attentions ! Oubliés les gestes de tendresse ! Balayé notre désir de nous montrer sous notre meilleur jour ! La routine s’installe avec son cortège d’ennui, de lassitude, parfois même d’amertume… Cela peut devenir désespérant.
Nous pouvons nous retrouver sur deux voies parallèles. Nous nous étions engagés à la fidélité, mais il ne suffit pas de ne pas être infidèle pour rendre notre conjoint heureux ! Aimer c’est être créatif, aimer c’est être capable de se renouveler, aimer c’est faire la cour, c’est manifester la tendresse, c’est être « aux petits soins pour l’autre » et cela chaque jour, jusqu’à notre vieillesse, jusqu’à la tombe. Ce n’est qu’à ces conditions que nous passerons les caps difficiles que la vie ne manque pas de nous imposer. Ce n’est qu’avec ce programme que nous pourrons dire que nous nous sommes vraiment donnés à celui qui est notre conjoint.

Les autres déceptions de la vie conjugale pourront se régler par une bonne communication et une confiance inébranlable en la Providence ; mais de notre conception de l’amour dépendra notre volonté à reconquérir chaque jour notre conjoint ou au contraire à nous laisser aller sans aimer vraiment en acte et en vérité.

Croître et Progresser Ensemble-N.-D. de Cana
croitreetprogresserensemble.com

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