> DOSSIER n° 1859 : « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique »
Saint Louis aurait pu être un homme pieux mais médiocre souverain, un excellent chef doublé d’un triste mécréant. Il ne fut ni l’un ni l’autre. En travaillant à l’héroïcité de ses vertus, il a magnifié ses dispositions profanes, transcendant ses qualités de dirigeant. Entretien avec François-Régis Legrier, professeur de géopolitique, auteur de Saint Louis, modèle des chefs d’État (Via Romana).
| Vous intitulez votre ouvrage Saint Louis, modèle des chefs d’État : son exemple peut-il donc inspirer également des gouvernants non chrétiens ?
Saint Louis est une leçon à part entière, et pas seulement pour le chrétien : pour tous les chefs d’État et, plus largement, tous ceux qui ont une autorité. Car les principes de philosophie politique qu’il incarne dépassent le seul domaine de la foi et s’appliquent de manière universelle. Saint Louis n’était pas seulement un roi pieux ; il était doté d’un véritable sens politique nourri par sa foi. Donc, même en étant athée, on peut puiser dans l’exemple de saint Louis des leçons de bonne vertu politique. Je pense à l’exercice du bien commun, de la justice, au bon usage de la force… De plus, malgré le fait que le Moyen Âge soit une période extrêmement différente, on peut dégager un certain nombre de permanences. Si nous n’avons plus de grands barons, nous avons nos multinationales, nos grands corps d’État, qui parfois peuvent remettre en cause l’autorité de l’État. Et surtout, le cœur humain ne change pas : la soif de puissance, le désir d’argent sont de toutes les époques.
| Cela en a-t-il fait une figure d’autorité éloignée de ses sujets ?
Le général De Gaulle disait que le pouvoir ne va pas sans prestige, et le prestige sans éloignement. Mais ce fut tout le contraire pour saint Louis : il avait à la fois une haute idée de sa fonction et une très grande proximité avec les…







