Avocat à la Cour, Thierry Bouclier est essayiste (La République amnésique, La Gauche ou le monopole de la violence – de 1789 à nos jours), mais aussi biographe (Tixier-Vignancour) et romancier (Le Dernier des occupants). Il vient de faire paraître une biographie nourrie de Michel de Saint Pierre (1916-1987). Entretien.
| Michel de Saint Pierre romancier ne craint pas d’aborder des thèmes d’actualité. Quels étaient-ils ?
En 1964, il publie Les Nouveaux Prêtres, roman traitant des thèmes de l’infiltration marxiste et du dévoiement du sacerdoce au sein de la frange la plus progressiste de l’Église de France. Ce livre fera l’objet d’une suite en 1978, sous le titre La Passion de l’abbé Delance.
En 1970, avec Le Milliardaire, il aborde le thème de l’argent et de ses effets délétères sur les relations humaines. En 1972, avec son très beau roman L’Accusée, il analyse le statut juridique de l’épouse, les difficultés de la justice et la misère des prisons françaises. Dans Laurent, paru en 1980, il évoque le mal-être de la jeunesse et le drame du suicide. Et en 1982, avec Docteur Erikson, il s’attaque à la bureaucratie et aux intérêts financiers qui nuisent à la médecine et aux médecins eux-mêmes. Nous pouvons ajouter son roman policier, Le Double Crime de l’impasse Salomon, paru en 1984, qui est une bonne étude de l’univers de la police.
| Quel regard porte-t-il sur la jeunesse de son temps ?
Il porte un regard plutôt positif sur la jeunesse des années 1960, la préférant même à celle qui fut la sienne. En 1961, il publie La Nouvelle Race, fruit d’une enquête de deux années sur la jeunesse intellectuelle appartenant au monde étudiant. L’année suivante, il s’intéresse, avec L’École de la violence, à la jeunesse plus défavorisée, celle des grands ensembles et des blousons noirs. Son regard sur celle des années 1970, avec son roman Laurent, me semble plus désabusé. Mais son regard a toujours été teinté d’indulgence.
| Que représentent pour l’écrivain ses engagements politiques ? S’agit-il pour lui de la défense d’une civilisation ?
Oui, mais Michel de Saint Pierre n’avait pas le tempérament d’un homme politique. S’il se présente en 1965 aux élections municipales de Paris sur les listes soutenues par Jean-Louis Tixier-Vignancour ou s’il a failli…







