Adorer Dieu dans le mystère de l’Épiphanie

Publié le 06 Jan 2016
L'Épiphanie

Ces jours-ci, l’Église célèbre une des plus grandes fêtes de l’année : l’Épiphanie. Ce mot grec signifiant « apparition, manifestation » montre l’origine orientale de cette fête, introduite à Rome vers 350-400. Si l’Orient célèbre avant tout en ce jour la manifestation de Dieu dans le baptême du Christ, l’Occident commémore d’abord la manifestation du Christ aux païens dans l’adoration des mages. Dès le VIIIe siècle, l’Église romaine célébrait l’Épiphanie durant huit jours, et cette octave ne sera abolie qu’en 1955. Recueillons donc quelques enseignements de ce mystère avec les Pères de l’Église dont l’office nocturne de l’ancien Bréviaire romain donnait des extraits.

Apparition du Verbe

Tout d’abord, le Verbe se manifeste. « En cette solennité, (…) nous avons à fêter joyeusement plusieurs mystères. Car, on rapporte qu’en ce jour le Christ, Notre Seigneur, fut adoré par des Gentils guidés par une étoile ; qu’invité à des noces, Il changea l’eau en vin, et, qu’ayant reçu le baptême de Jean, Il consacra les eaux du Jourdain et purifia en même temps son Baptiseur » (saint Maxime de Turin [mort v. 420]). Ces trois évènements célébrés ensemble révèlent la divinité de Jésus. « Par ces miracles, le Christ, notre Seigneur et Rédempteur, a voulu se révéler aux yeux des mortels, afin que son invisible divinité qui se cachait dans l’homme ne soit pas cachée dans ses œuvres » (ibid.). Pour revenir à l’évènement central qui occupe cette fête, les Mages sont venus adorer « le roi des Juifs qui vient de naître » (cf. Mt 2, 2).

Cette « apparition » avait déjà commencé à Noël, mais « bien que le Sauveur eût choisi le peuple d’Israël et une seule famille de ce peuple pour y prendre la nature de l’humanité entière, Il ne voulut cependant pas que les débuts de son apparition sur la terre demeurassent cachés dans les bornes étroites de l’habitation maternelle, mais décida d’être promptement connu de tous, ayant daigné naître pour tous. Une étoile d’un éclat tout nouveau apparut donc en Orient à trois Mages (…). Trois hommes se mettent en chemin sous la conduite de cette lumière céleste ; les yeux fixés sur l’astre qui les précède et suivant la route qu’il leur trace, ils sont amenés par la splendeur de la grâce à la connaissance de la vérité » (saint Léon le Grand [mort en 461]). Après le peuple juif, le reste du monde tout entier est appelé au salut. Or, les Mages « étaient les prémices de la gentilité ; nous en sommes le peuple » (saint Augustin [mort en 430]). « Dans les Mages adorateurs du Christ, affirme saint Léon, reconnaissons donc les prémices de notre vocation et de notre foi. Célébrons, l’âme débordante de joie, les débuts de notre bienheureuse espérance. Car, dès ce moment, nous commençons à entrer dans l’héritage éternel. »

Suivre les Mages

Comment mieux célébrer cette fête qu’en imitant les Mages ? « Tout comme ils ont offert au Seigneur, de leurs trésors, des dons à valeur symbolique, tirons, nous aussi, de nos cœurs, des présents dignes de Dieu » (ibid.). Selon la prose de la liturgie de Lyon, « l’or est don de charité, la myrrhe, de sainteté, et l’encens est don de prière. » « Faisant (n)ôtre le mystère des Mages en offrant (n)os présents au Seigneur Jésus-Christ, puissi(ons)-(n)ous, par le mépris de l’antique ennemi et de la souillure des vices, revenir à l’éternelle patrie par la voie des vertus » (bénédiction pontificale lyonnaise).

Mais le présent le plus digne de Dieu, « … désormais, ce n’est plus l’or, l’encens et la myrrhe qui [lui] sont offerts, mais ce qui par ces dons est manifesté, immolé et pris en nourriture : Jésus-Christ » (secrète de la fête). 

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