Racine (1/8) : Une éducation sous l’aile de Port-Royal

Publié le 05 Août 2024
port-royal racine

Le bâtiment des Petites écoles de Port-Royal, construit en 1652-53, où Jean Racine fut pensionnaire dans son enfance. © Fredlesles, CC BY-SA 4.0

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Né en 1639, Racine perd rapidement ses deux parents. Il est recueilli par ses grands-parents et aidé par un oncle. La proximité de sa famille avec Port-Royal lui permet de bénéficier d’une éducation de qualité dans les Petites écoles malgré sa pauvreté. 

 

« Fille d’Agamemnon, c’est moi qui la première, Seigneur, vous appelai de ce doux nom de père […] »

L’hymne poignant d’Iphigénie à la tendresse paternelle « si longtemps » prodiguée n’a pas pris sa source dans l’expérience de Racine : baptisé le 22 décembre 1639 à La Ferté-Milon, dans le Valois, le petit Jean perd son père dès l’âge de 4 ans. Il n’a déjà plus sa mère, morte en 1641 à l’accouchement de sa sœur Marie. La tendresse, ce sont ses grands-parents paternels et surtout sa grand-mère, Marie Desmoulins, qui la lui offrent en le prenant chez eux. La Ferté-Milon possède l’un des greniers à sel du royaume, et plusieurs branches de la famille, de petite bourgeoisie, s’en partagent les offices. Mais les Racine sont les moins aisés : Jean se sent l’orphelin pauvre quand son grand-père maternel Pierre Sconin, échevin-gouverneur de La Ferté, préside la table de famille. Un jeune cousin de son père, Nicolas Vitart, s’en est-il aperçu ? Il sera l’hôte parisien et le protecteur du poète dès 1659, et jusqu’à sa mort. En 1637 Nicolas, 13 ans, a été envoyé aux Petites écoles de Port-Royal : en 1638, les Solitaires étant dispersés pour la première fois, trois d’entre eux trouvent refuge chez les Vitart. En remerciement, Racine sera admis aux Petites écoles à titre gracieux. Autre lien familial avec Port-Royal : celui de sa tante Agnès, novice dès 1642, professe en 1648 sous le nom d’Agnès de Sainte-Thècle et future abbesse. Très proche du petit Jean, Agnès l’aurait « engendré à Jésus-Christ ». Quand et comment ? Un flou demeure sur les premiers contacts de Racine avec Port-Royal. Est-ce lorsque Marie Desmoulins, veuve en 1649, est admise comme femme de service à l’abbaye des Champs ? On tend aujourd’hui à le penser, mais le Nécrologe de Port-Royal déclare : « Dès sa…

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Marie-Joëlle Guillaume

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