À la suite des apôtres et de saint Ignace, monter rejoindre le Christ sur la montagne

Publié le 23 Mar 2022
À la suite des apôtres et de saint Ignace

Pour célébrer le 400e anniversaire de la canonisation de saint Ignace de Loyola, fondateur des jésuites, le 12 mars dernier, le Pape a célébré la messe au Gesu, l’église de Rome des Jésuites.

C’est en effet en 1522 que Grégoire XV procéda à une quintuple canonisation : saint Ignace, saint François Xavier qui évangélisa jusqu’aux limites extrêmes de la terre ; saint Philippe Néri, l’original de Rome qui ouvrit les portes de son cœur et même de son Oratoire à tous ; saint Isidore, l’agriculteur qui riait dans les champs portant à l’autel du Seigneur tous ceux qui travaillent la terre ; et enfin sainte Thérèse d’Avila, dont toute la vie spirituelle peut se résumer dans sa maxime bien connue et si actuelle : « Que rien ne te trouble, que rien ne t’épouvante, tous passe. Dieu ne change pas, la patience tout obtient. Celui qui possède Dieu ne manque de rien. Seul Dieu suffit » (Solos Dios basta).

Dans son homélie, le Pape commente l’Évangile de la Transfiguration à partir de trois verbes. Le premier est prendre. Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean. L’appel de Dieu est toujours gratuit, car il provient de l’amour. C’est pour cela qu’il nous prend par la main et qu’il nous appelle chacun par notre nom, le nom nouveau que nous aurons dans l’éternité et que nous ne connaîtrons qu’alors. Dieu nous prend par la main pour nous mener sur la haute montagne qu’il est lui-même. On remarquera qu’il prend trois Apôtres et non un seul. Notre appel est toujours enraciné dans la communion des saints. Dieu choisit toujours ses prêtres et ses membres par l’Église. Si le salut est individuel, il n’en reste pas moins vrai qu’on ne se sauve qu’en famille. Celui qui croirait pouvoir se sauver lui-même tout seul sans avoir besoin, ne serait-ce que de la prière de ses frères, tomberait dans la plus terrible des illusions. Ne soyons jamais des solistes du salut, mais bien au contraire des frères disposés en chœur. Ne nous laissons jamais séduire par les idéologies qui divisent, ni par le cléricalisme qui raidit.

Jésus nous prend pour monter au sommet en gravissant la montagne. Ce deuxième verbe indique que la route par laquelle Jésus veut nous conduire n’est pas une descente facile, mais une longue montée, si bien décrite par saint Jean de la Croix. Jamais la lumière de la Transfiguration ne se manifeste dans la plaine. Non ! il faut marcher. Il faut se fatiguer, en laissant nos habitudes égoïstes et rassurantes. Les Apôtres ont gravi la montagne avec Jésus et c’est pour apprendre là-haut un scandale qui les bouleverse : celui de la Croix. N’ayons donc pas peur de monter avec Jésus au Golgotha. Nous n’arriverons à la gloire de la Résurrection qu’en passant par le drame de la Croix. N’écoutons pas les tentations de la mondanité qui voudrait nous apporter gloires et richesses sans passer par la Croix. Il n’y a pas de christianisme sans Croix. Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. C’est la marque des chrétiens et il faut en être fier. La Croix nous fera sortir jusqu’aux périphéries les plus lointaines, comme saint François Xavier, pour y apporter la lumière de l’Évangile.

Enfin Jésus gravit la montagne pour prier. C’est notre troisième verbe. De fait, c’est pendant qu’il priait que le regard de Jésus et tout son être se transfigurèrent. La Transfiguration naît toujours de la prière. Alors demandons-nous : où en est notre prière ? Une prière vivante ranime toujours la flamme du premier amour et elle se caractérise par une joie qui n’est pas de ce monde. Que la Toute puissante suppliante, la Vierge en prières et en larmes, élargisse notre cœur et notre prière à tous les horizons du monde.

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