A quotidien n°85

Publié le 06 Nov 2020
A quotidien n°85 L'Homme Nouveau

Née de l’action terroriste du Front libération nationale (FLN), l’Algérie indépendante suit avec attention les actions terroristes en France et les moyens mis en œuvre pour lutter contre. Elle s’offre même le luxe de donner quelques leçons comme le rapporte Le Point (4 novembre) :

Alger est très attentif à ce qui se passe en ce moment en France. « Nous sommes liés. La proximité humaine et géographique, les liens multiformes font que chaque secousse d’un côté fait trembler l’autre », relate un officier du renseignement, assurant qu’une sorte de « téléphone rouge » relie très régulièrement les deux communautés de renseignement. Côté algérien, personne ne veut commenter publiquement les récents événements, mais, chez les « opés », on regrette la « persistance de ce problème si français ». « Leurs décideurs écoutent peu les sécuritaires parce que la stratégie de ces derniers, protéiforme, inscrite dans la durée et nourrie d’une excellente expertise, ne correspond pas à l’offre politique qui doit être rapide et expéditive », note un ex-cadre militaire, qui a assisté à des échanges entre les services français (« d’une qualité d’écoute et d’analyse impressionnante ») et algériens. L’autre souci est qu’en France « le discours politique ou médiatique assimile vite l’assaillant à une communauté au lieu de l’en isoler, le principe d’une traque est d’isoler la proie loin des bois, et non pas de la repousser vers ses tanières », fait remarquer un ancien officier de la lutte antiterroriste.  De plus, comme l’expliquait au Point le théologien Kamel Chekkat, qui a participé en France à des travaux sur la déradicalisation : « Leurs hommes politiques idéologisent tout ce qu’ils font… Toute action est placée sous le signe de la laïcité qui, selon moi, n’est plus la laïcité de 1905 mais un déni du religieux, une sorte d’athéisme. »  « L’hystérie politicienne apporte de la confusion là où un policier ou un militaire a besoin de cohésion, ajoute M., l’ex-analyste des services. Quand j’entends en France des responsables de la sécurité ou des syndicats de la police faire des déclarations sur les religions ou sur Erdogan, je ne comprends pas. Il ne faut jamais hypothéquer le temps long de la lutte antiterroriste par la conjoncture politique. Nous en savons quelque chose. »  « Avons-nous déclaré la guerre au Soudan, à l’Iran ou à l’Arabie saoudite qui, indirectement, avaient soutenu nos barbus ? Non. Nous avons rompu nos relations avec Téhéran (1993-2000) et envoyé des avertissements aux autres : “Voilà ce que vous avez fait, voilà le résultat chez nous ; si vous continuez, assumez.” Et ils ont compris le message sans pour autant “monter” l’opinion publique ou les relais officiels les uns contre les autres », nuance un ancien diplomate algérien. Ce dernier ne comprend d’ailleurs pas la montée de l’hostilité envers la Turquie qu’il ressent en France : « D’abord, la Turquie n’est pas Erdogan. Quand Khatami est arrivé au pouvoir [1997-2005], Téhéran a été plus audible à nos argumentaires et a cessé de nous embêter (…). Ensuite, focaliser sur un “ennemi de l’extérieur” brouille les priorités internes. » 

Ce contenu pourrait vous intéresser

Société

Pas de culture chrétienne sans Dieu

L’Essentiel de Joël Hautebert | De multiples motivations et intentions expliquent un regain de revendication de la culture française et chrétienne. Mais on ne peut vouloir une civilisation chrétienne en évacuant son fondement, Dieu, dans le mystère de la Sainte Trinité.

+

culture chrétienne
Société

Europe : les chrétiens sont-ils en danger ?

Entretien | Fin décembre, le Centre européen pour le Droit et la Justice (ECLJ) a publié un rapport alarmant sur la haine antichrétienne en Europe. Son auteur, Thibault van den Bossche, dresse ici un état des lieux alarmant et préconise essentiellement des moyens d’action inscrits dans le système juridique européen.

+

haine anti chrétien
SociétéÉducation

Automne 1992 : un printemps pour l’école Saint-Dominique

En ce temps de la Nativité, je voudrais vous raconter l’histoire de la naissance de l’école Saint-Dominique du Pecq. En 1992, il y avait quelques dizaines de ces écoles hors contrat. Il y en a 2 600 aujourd’hui. Cette réalité doit être connue et soutenue par tous les moyens possibles. C’est le combat que nous menons chaque jour à la Fondation pour l’école. Bonne lecture !

+

école saint-dominique
Société

Clarification sur la labellisation des médias

C’est logique ! de François-Marie Portes | À l’heure où la « labellisation » des médias s’impose dans le débat public, la distinction entre information et opinion est souvent invoquée comme une évidence. Or cette séparation est plus fragile qu’il n’y paraît : toutes deux relèvent du même ordre du discours et ne se distinguent que par leur rapport à la preuve et à la certitude.

+

label médias