Alléluia Omnes gentes

Publié le 18 Juin 2013
Alléluia Omnes gentes L'Homme Nouveau

On est habitué au binôme louange-extériorité. En fait, les mélodies grégoriennes, et les alléluias notamment, nous orientent davantage vers une dimension plus contemplative de la louange. Et c’est bien le cas ici. 

Alors que le texte du verset, emprunté au psaume 47, appel­le de façon très expressive tous les peuples à applaudir Dieu et même à bondir de joie en sa présence, la mélodie douce et pénétrante de cet alléluia dirige avec réalisme notre regard vers le Ciel, vers l’accomplissement ultime, plénier et tout paisible de la destinée des nations à louer Dieu. Ici-bas, en effet, nous savons trop que les nations ont d’autres occupations, souvent moins innocentes, que celle de s’unir pour danser de joie devant le Seigneur.

L’alléluia commence de façon très ferme. On part du ré (*), tonique du premier mode, puis on entend un double fa (*) et le sol qui suit (*) est également allongé. Cela donne à ce début quelque chose de très net qui permet de bien lancer le mouvement. Ce mouvement se déploie sur les notes suivantes en un bel élan large et sonore qui conduit la mélodie jusqu’au do aigu. Une fois ce sommet atteint, la descente est amorcée presque aussitôt et elle est très belle et très contempla­tive, uniquement constituée d’intervalles de seconde. On se pose 

d’abord sur le la (*), puis après avoir touché le sol on remonte et on touche le si bémol (*) avec sa belle nuance de tendresse, et on redes­cend vers le fa (*). Ce double petit motif mélodique décalé d’un ton (1) (2) donne l’idée d’un regard qui se renouvelle en se portant sur un être aimé. Après la ­demi-barre, le regard se prolonge encore en une longue courbe d’abord montante puis globalement descendante, ce qui n’empêche pas de multiples petits rebonds qui donnent vie et chaleur à tout cet ensemble. L’atmosphère est ainsi très calme, très paisible, elle exprime à merveille la louange au Ciel.

Pour écouter cet Alleluia.

Ce billet est extrait du dernier numéro de L’Homme Nouveau que vous pouvez commander à nos bureaux (10 rue Rosenwald, 75015 Paris. Tél. : 01 53 68 99 77, au prix de 4 euros), ou télécharger directement sur ce site en cliquant sur le lien ci-dessous.

Ce contenu pourrait vous intéresser

A la uneEglise

Communautés : oasis ou citadelles ?

L'Essentiel de Joël Hautebert | Tendance de fond ces dernières années, la société paraissant malade ou repoussante à beaucoup, le communautarisme de tout poil prospère. La parution d’un ouvrage de l’abbé Raffray, qui se veut une réponse aux inquiétudes contemporaines, est l'occasion de faire le point sur ce qui pourrait sembler bien tentant à des chrétiens dégoûtés par le monde dans lequel ils vivent et soucieux de se rassembler pour se garder des maladies de l’âme qu’il véhicule.

+

communauté oasis
EgliseLiturgie

La Pause liturgique : Gloria 6, Rex Génitor, (Mémoires des Saints)

Ce Glória est daté du Xe siècle, et il est utilisé, comme le précédent, pour les fêtes des Saints. Les sources manuscrites de ce Glória, assez peu nombreuses, sont toutes françaises, ce qui semble indiquer son lieu d’origine et de composition. Il emprunte sa mélodie au 8e mode, mais il est tout différent du précédent : tandis que le Glória 5 s’envole à chaque verset vers les hauteurs de la quinte du mode authente, celui-ci se cantonne pour l’essentiel à l’intérieur d’une tierce très modeste, Sol-Si. Bien sûr, il se déploie à l’aigu de temps en temps, mais il est beaucoup plus horizontal que son voisin.

+

gloria grégorien
Eglise

La réparation comme démarche spirituelle

Commentaire du Pape | À l'occasion du 350e anniversaire des apparitions du Sacré Cœur de Paray-le-Monial, le Pape a prononcé quelques mots lors du colloque « Réparer l’irréparable », organisé le 4 mai dernier au Vatican. 

+

réparation France sacré cœur roi