À Assise, Léon XIV appelle les jeunes à se laisser transfigurer comme saint François

Publié le 19 Août 2026
saint françois pape transfiguration léon xiv

Légende de Saint François : Stigmatisation de Saint François. Giotto, v. 1300, Assise.

Du 3 au 6 août 2026, à l’occasion du Jubilé franciscain, avait lieu le « GO! Franciscan Youth Meeting », qui réunissait à Assise environ 2500 jeunes de 18 à 33 ans. Le 6 aout, en la fête de la Transfiguration, le pape Léon XIV a rencontré ces jeunes pour une messe à la basilique Sainte-Marie-des-Anges.

 

Pour la Transfiguration, Léon XIV s’est rendu auprès des jeunes qu’il avait réunis à Assise. Mais avant de commenter l’homélie qu’il prononça à cette occasion, permettez de me laisser partager la joie que j’ai éprouvée, avec tous mes frères de la Congrégation de Solesmes, en entendant le Pape parler de dom Guéranger : « cette manière de définir le cycle des fêtes chrétiennes comme année liturgique s’est répandue dans le langage ecclésial grâce à l’œuvre du Serviteur de Dieu, l’abbé Prosper Guéranger (1805-1875) » (1).

La fête de la Transfiguration est un mystère de lumière qui nous aide à approfondir notre rencontre toujours pleine d’interrogations sur le présent et l’avenir. Le récit évangélique est rempli de contrastes : entre la lumière et l’ombre, entre le silence et les paroles, entre l’émerveillement et l’incompréhension.

Le Pape a voulu que les jeunes se réunissent à Assise, centre de paix et de conversion depuis des siècles. Là, le murmure de l’Esprit Saint souffle à chacun que sa vie peut changer. Un nouveau cœur peut engendrer une lumière jaillissante prête à réparer le monde. À Assise commencèrent les transfigurations de saint François et de sainte Claire, qui furent suivies par de nombreuses autres. Combien de jeunes à Assise accueillirent l’Évangile sans concession, pour ramer à contre-courant vers les cimes de la sainteté. Je pense particulièrement à saint Carlo Acutis.

À Assise nous comprenons ce sens chrétien de l’Histoire, si cher à dom Guéranger. Ce sens de l’Histoire, ce chemin vers l’éternité nous est tracé par l’Évangile. Comme Pierre, Jacques et Jean, nous sommes mis à l’écart et Jésus est avec nous. Seule compte vraiment la présence de Jésus. Au Mont Thabor, le malentendu des Apôtres disparaît. La gloire messianique passera toujours par la Croix. Dans la Transfiguration de Jésus, c’est Dieu lui-même qui se révèle et désigne son Fils qu’il nous invite à écouter. C’est en suivant Jésus ensemble que l’on découvre le chemin de la vraie et éternelle vie.

La beauté de Jésus est telle que Pierre voudrait arrêter le temps et prolonger cette vision. Généreusement, il propose de construire trois tentes, afin que se poursuive la conversation entre Jésus, Moïse et Élie. Nous aussi devons entrer dans cette conversation. On ne peut pas se contenter d’être de simples spectateurs. Nous sommes appelés à lire les Écritures avec le Maître, à interpréter notre époque et à prendre des décisions, en suivant son chemin. Transfigurés par Jésus nous devons vaincre résignation, peur et doutes.

La Transfiguration fait penser au matin de Pâques, avec la lumière d’un nouveau jour, malgré les ténèbres qui demeurent encore. Je pense aux paroles prononcées par Paul VI quelques heures seulement avant sa mort :

« La Transfiguration du Seigneur, rappelée dans la liturgie du jour, jette une lumière éblouissante sur notre vie quotidienne et nous invite à tourner notre pensée vers le destin immortel que le fait en lui-même recouvre. Sur la cime du Thabor, le Christ dévoile pour quelques instants la splendeur de sa divinité, et se manifeste aux témoins choisis tel qu’il est réellement : le Fils de Dieu, l’irradiation de la gloire du Père et l’empreinte de sa substance. »

L’Église existe pour nous faire comprendre pour qui vivre et comment vivre. Elle est la communauté où l’on apprend à discerner la voix de Dieu, qui ne coïncide jamais simplement avec nos opinions, et à oser cette obéissance à l’Esprit Saint qui a rendu audacieux et créatifs tous ceux qui ont accepté de suivre Jésus. Nous nous défigurons en nous séparant de Lui et des autres ; nous nous transfigurons en le suivant. 

La raison pour laquelle saint François, huit cents ans après sa mort, continue de nous attirer réside dans la magnifique humanité qui l’a conduit à abandonner les voies déjà tracées, afin d’en ouvrir une nouvelle, plus conforme au chemin de Jésus. Même dans une ville chrétienne depuis des siècles comme Assise, cela a semblé révolutionnaire. Le choix de Claire fut encore plus radical. L’Europe et le monde entier cherchent de nouveaux saints. Osons croire en la parole de l’Évangile. 

Peut-être, ne serons-nous pas compris, même par nos proches. Pourtant, nous enseigne le Pape à la suite de Jésus et de Marie, « se soustraire à la culture du pouvoir et abattre les murs qui séparent les êtres humains les uns des autres, ce n’est jamais trahir la famille, la cité, la tradition, mais les libérer de leurs fantasmes, des ennemis inventés par la peur et l’ignorance, de la violence avec laquelle on voudrait imposer son petit ordre à une réalité qui nous dépasse de toutes parts. »

Consacrons-nous ainsi, grâce à Marie, à cette civilisation de l’amour voulue par Paul VI et qui se résume bien dans la prière de saint François : « Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix, etc. »

 


1. Audience générale du mercredi 12 août 2026 : « Les Documents du concile Vatican II. III. La Constitution dogmatique Sacrosantum Concilium. 6. L’année liturgique ».

 

>> à lire également : Assomption ou Dormition ? Les mystères du 15 août

 

Un moine de Triors

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