Au quotidien n°147 : travail à domicile ?

Publié le 11 Fév 2021
Au quotidien n°147 : travail à domicile ? L'Homme Nouveau

La lutte contre la Covid-19 a entraîné le déploiement du télétravail, impliquant d’associer travail à domicile et moyens informatiques. Un article de Marianne (7 février 2021) s’attache à montrer que le travail à domicile a toujours existé, depuis la nuit des temps.

La pandémie actuelle a engendré un passage massif au travail à domicile. Dans les premiers temps, cette forme de besogne à la maison a suscité un certain enthousiasme. Les patrons y voyaient un moyen commode de faire des économies d’espaces et d’alléger les loyers. Des syndicats trouvaient une forme d’autonomie salariale. Aujourd’hui, dix mois après le confinement de mars, les critiques dominent plutôt. Moins de communication, moins d’humanité, sur fond de confusion entre sphère privée et lieu de travail. (…)

Et durant plus de dix mille ans, depuis le Néolithique et son long processus de sédentarisation, l’immense majorité des humains travaille à domicile son lopin de terre, élève quelques animaux et y fabrique aussi quelques rudimentaires outils agricoles, vêtements, ustensiles de cuisine et paillasses.

Beaucoup plus près de nous, les villes médiévales étaient majoritairement peuplées d’artisans travaillant à domicile. L’atelier était le plus souvent dans l’habitation elle-même. Les témoignages des puissants de l’époque fourmillent de plaintes sur le bruit, les odeurs et les diverses nuisances de toutes ces activités à domicile et, souvent, dans les rues. Dans les règlements qui régissent les corporations, on découvre souvent que le maître artisan doit être marié et que les apprentis partagent la vie familiale du patron.

Une lente évolution, amorcée dès le Moyen Âge, s’accentuant au XVIe siècle et s’imposant au début du XVIIIe, favorisera le développement d’une production à domicile qui, traditionnellement destinée à la consommation locale, s’orientera vers une production destinée à être vendue sur des marchés, même très lointains. Bien avant l’arrivée du coton et de la soie et sans amélioration technique notable, devant l’explosion de la demande en Europe et dans le Nouveau Monde, il semble bien que, dès le XVIe siècle, les marchands-fabricants de la ville aient vu tous les avantages d’un essaimage des tâches les plus rudimentaires, ou parfois les plus fines, dans un monde rural réputé peu coûteux, plus docile et plus flexible. (…)

Pour la plupart des historiens, cette proto-industrie est « fille de la misère », dans les régions aux sols pauvres mais aussi dans les régions plus riches, où la concentration foncière et la privatisation des « communs » vont effondrer les revenus de beaucoup de paysans. « L’appauvrissement demeure la cause principale du recours à une activité d’appoint » résume Jean-Marc Olivier. Mais à la suite de Jan de Vries, historien américain, cette vision a été contestée. À partir de son travail sur les Flandres, il affirme que si les revenus individuels ont bien baissé, les revenus des ménages ont augmenté grâce à une activité marchande élargie à toute la famille. Le moteur de cette transformation étant, selon lui, le nouveau désir de consommation et non la paupérisation. Le débat reste ouvert, et il semble bien que les deux réalités aient pu coexister suivant les régions.

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociété

Europe : les chrétiens sont-ils en danger ?

Entretien | Fin décembre, le Centre européen pour le Droit et la Justice (ECLJ) a publié un rapport alarmant sur la haine antichrétienne en Europe. Son auteur, Thibault van den Bossche, dresse ici un état des lieux alarmant et préconise essentiellement des moyens d’action inscrits dans le système juridique européen.

+

haine anti chrétien
À la uneSociétéÉducation

Automne 1992 : un printemps pour l’école Saint-Dominique

En ce temps de la Nativité, je voudrais vous raconter l’histoire de la naissance de l’école Saint-Dominique du Pecq. En 1992, il y avait quelques dizaines de ces écoles hors contrat. Il y en a 2 600 aujourd’hui. Cette réalité doit être connue et soutenue par tous les moyens possibles. C’est le combat que nous menons chaque jour à la Fondation pour l’école. Bonne lecture !

+

école saint-dominique
À la uneSociété

Clarification sur la labellisation des médias

C’est logique ! de François-Marie Portes | À l’heure où la « labellisation » des médias s’impose dans le débat public, la distinction entre information et opinion est souvent invoquée comme une évidence. Or cette séparation est plus fragile qu’il n’y paraît : toutes deux relèvent du même ordre du discours et ne se distinguent que par leur rapport à la preuve et à la certitude.

+

label médias
À la uneSociétéFin de vie

La Fondation Jérôme Lejeune mobilise contre l’euthanasie

Lancée au début du mois de décembre par la Fondation Jérôme Lejeune, la pétition « Euthanasie : ne nous laissons pas abattre ! » a mobilisé en quelques semaines plus de 12 000 signataires. Ce chiffre n'est pas un simple indicateur de mobilisation : il dit quelque chose de plus profond sur l'état du débat public français autour de la fin de vie et il appelle à être amplifié, par la signature et le relais de cette pétition, alors que le calendrier parlementaire s'accélère.

+

fondation Lejeune euthanasie
SociétéAgriculteurs

Colère paysanne et hiver agricole

Alors que notre agriculture traverse les jours les plus noirs de son histoire, l’abattage stalinien des bovins et la violente répression para-militaire l’accompagnant ont choqué la France entière. Pendant ce temps, le ministère de l’Agriculture continue à se partager entre surdité et absurdité.

+

crise agricole paysan