Au quotidien n°285 : Le déni de l’islam

Publié le 08 Nov 2021
Au quotidien n°285 : Le déni de l’islam L'Homme Nouveau

C’est le titre retenu par Guillaume Roquette pour son éditorial du Figaro Magazine (5 novembre 2021) consacré au procès des attentats du 13 novembre 2015.

Etonnant. Dans le procès des attentats du 13 novembre 2015, les accusés ont longuement été interrogés cette semaine sur leur histoire personnelle et familiale, sur leur profil psychologique… mais pas sur leur religion. Le tribunal a en effet choisi de n’aborder qu’en janvier prochain, au moment de l’examen des événements, l’islamisme dont se revendiquent les terroristes.

Cette version judiciaire du célèbre « pas d’amalgame » est révélatrice d’un déni de réalité. La justice fait comme si l’environnement religieux dans lequel évoluaient Salah Abdeslam et ses complices n’avait eu aucun impact sur leur radicalisation. Comme si tous les attentats perpétrés depuis dix ans sur le territoire français ne l’avaient pas été au nom d’Allah par des personnes imprégnées d’islam.

(…)

Permettons-nous quelques questions en vrac : pourquoi un même mot, « djihad », désigne-t-il à la fois l’idéal de vie des musulmans et la guerre sainte contre les infidèles ? Pourquoi est-il quasiment impossible de « déradicaliser » les islamistes, qui sont convaincus d’être les seuls vrais musulmans ? Comment le régime des talibans peut-il se réclamer de l’islam le plus pur ? Pourquoi le changement de religion (l’apostasie) est-il condamné avec violence dans tant de familles musulmanes ? Pourquoi une femme enlevant son voile (face à Éric Zemmour sur CNews la semaine dernière) fait-elle aussitôt l’objet d’un torrent d’insultes et de menaces sur les réseaux sociaux ? Que cela plaise ou non, de nombreuses zones d’ombre empêchent encore d’affirmer que l’islam est une religion parfaitement pacifique. Rien ne sert de se mettre la tête dans le sable, cela ne fait qu’attiser les peurs.

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociétéHistoire

La violence, moyen politique ?

L’Essentiel de Joël Hautebert | Le décès du jeune Quentin, le 14 février dernier, a rappelé que la violence peut se développer dans la sphère politique. La Jeune Garde, héritière des mouvements révolutionnaires marxistes-léninistes, prône les mêmes méthodes d'action, s'appuyant sur la force physique. Pour certains, les coups sont le seul moyen d'avoir le sentiment d'agir de manière visible.

+

jeune garde violence politique
Société

Villages Saint-Joseph : accueillir pour redonner confiance

Initiatives chrétiennes | Nés de l'initiative d'un couple, les Villages Saint-Joseph accueillent depuis 1998 des personnes malmenées par la vie, afin de leur offrir une vie de famille et l'opportunité de se reconstruire grâce à une vie structurée autour du travail et de la spiritualité. Des lieux essentiels dans une société qui abîme les personnes et contribue à la destruction les liens sociaux et familiaux. Entretien avec Franck et Carline Saint-Jalmes, responsables de la maison Laudato Si.

+

villages saint-joseph laudato si maison
Société

Islam-République, le problème de la praxis

Après une brillante carrière de conseil et de cadre dirigeant, Jean-François Chemain est devenu volontairement enseignant d’Histoire en banlieue pour y transmettre l’amour de la France. Auteurs de nombreux ouvrages, notamment sur l’Islam en France, il analyse le sens de la parution du livre Musulmans en Occident, publié par la Grande Mosquée de Paris.

+

islam démocratie musulmans
SociétéPhilosophie

La guerre des sexes : un sophisme moderne

C’est logique ! de François-Marie Portes | Dans leur lutte contre ce qu'elles appellent l'inégalité, les féministes, qui ont manifesté le 8 mars pour la Journée des droits des femmes, rabaissent la relation hommes-femmes en l'identifiant nécessairement à une domination. Un slogan réducteur et un raisonnement sous-jacent faussement logique qui enveniment les relations entre les sexes.

+

sophisme femme sexe féminisme