Au quotidien-n°3 (Revue de presse du confinement)

Publié le 25 Mar 2020
Au quotidien-n°3 (Revue de presse du confinement) L'Homme Nouveau

Le quotidien Présent (24 mars) met en avant le dispositif mis en place par la Corée du Sud pour lutter contre l’épidémie de Covid-19 :

La stratégie sud-coréenne a consisté, dès le début de l’explosion de l’épidémie, à rechercher systématiquement, y compris au moyen des technologies de téléphonie mobile et de GPS, toutes les personnes ayant été au contact de porteurs du coronavirus et à les isoler, tant qu’elles n’ont pas eu deux tests négatifs, sous surveillance humaine (contrôles deux fois par jour) et électronique (données des opérateurs de téléphonie mobile et de cartes bancaires), avec des amendes pouvant atteindre trois millions de wons (2 200 euros) pour les contrevenants. Un chiffre qui devrait être bientôt porté à dix millions et un an de prison. A la date du 23 mars au matin, le pays avait ainsi déjà réalisé plus de 338 000 tests, soit le plus grand nombre de tests par habitant dans le monde. Le tout s’est déroulé sans confinement généralisé ni de fermeture des entreprises, restaurants, etc., donc, mais les gens sont avisés de garder leurs distances, d’éviter les contacts au maximum, de porter des masques, de se laver souvent les mains, etc. Des applications de téléphone mobile permettent en outre à chaque personne de savoir si elle est passée dans un lieu fréquenté par un porteur du virus et de demander elle-même à se faire tester.

Même écho dans les colonnes d’un quotidien idéologiquement très éloigné, à savoir La Croix (24 mars) :

La Corée du Sud fait figure de modèle après avoir réussi à contenir sa première vague de Covid-19. Mais les Coréens commencent à baisser la garde, ce qui inquiète les autorités.

Enfants masqués en trottinette, groupes de mamys rigolardes, couples d’amoureux endimanchés : les berges du fleuve Han qui traverse Séoul ont retrouvé le week-end dernier la foule des grands jours. Une foule venue profiter du soleil, des premiers bourgeons, et d’un ciel qui semble moins pollué depuis que les usines de la Chine voisine tournent au ralenti. Surprise : les masques, présents sur chaque visage il y a une semaine, se raréfient. (…) Même si l’épidémie reste sous contrôle (64 nouveaux cas détectés lundi 23 mars et 111 décès depuis le début de la crise), les autorités s’inquiètent de ce relâchement, alors qu’elles ont prévu une réouverture des écoles le 6 avril. « Respectez les consignes de distanciation sociale », exhortait une alerte envoyée lundi sur la totalité des smartphones du pays. Le gouvernement a annoncé samedi 21 mars la fermeture des salles de sport, des lieux de loisir et des lieux de culte jusqu’au 5 avril. Dimanche, des églises évangéliques ont décidé de braver l’interdiction, provoquant des échauffourées entre la police et des fidèles de l’église Sarang Jeil à Séoul.

Au Point (19 mars), on ne désarme pas. Les adversaires d’hier restent ceux d’aujourd’hui et demain sera encore globalisé :

Luc de Barochez : En Europe ou aux États-Unis, les opposants au libre commerce, de gauche comme de droite, mettent en cause la globalisation dans la propagation de la maladie. Le coronavirus va-t-il donner le coup de grâce à sept décennies de mondialisation libérale ? Il est permis d’être sceptique. L’un des principaux bénéficiaires d’une population claquemurée est le géant américain du commerce en ligne Amazon. Les consommateurs aiment tant les produits abondants et bon marché qu’on voit mal les entreprises renoncer aux chaînes de production internationales.

Nicolas Baverez : Vladimir Poutine n’a pas manqué d’exploiter l’onde de choc du coronavirus, qui déstabilise les démocraties. Le processus de révision constitutionnelle engagé en janvier a tombé le masque avec le vote en vingt-quatre heures par la Douma, puis le Sénat, d’un amendement remettant à zéro les mandats du président en exercice, ce qui lui permet de se représenter en 2024 et en 2030, donc, potentiellement, de rester en place jusqu’en 2036.

Pascal Lamy (ancien directeur de l’Organisation mondiale du commerce) : La globalisation n’est pas un modèle unique. On peut la définir comme la multilocalisation des processus de production. Je ne crois pas qu’on aille vers une renationalisation des processus de production et donc vers une déglobalisation. En revanche, on va vers une globalisation différente, à l’épreuve des risques que font peser les pandémies ou les événements climatiques sur des chaînes de valeur insuffisamment diversifiées.

Ouf ! Différents mais pareils. Plus qu’un constat, une philosophie. Davantage qu’un espoir, une pétition de principe.

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