Au quotidien n°304 : au secours, les espions sont partout

Publié le 06 Déc 2021
Au quotidien n°304 : au secours

D’après une enquête du Point (2 décembre 2021), le gouvernement français serait sur ses gardes. La raison ? Une recrudescence des espions présents sur le sol national, agissant au nom de puissances étrangères ou de groupes privés.

Ce 11 octobre, dans une circulaire passée inaperçue, Jean Castex s’adresse à ses ministres et secrétaires d’État.  » La lutte contre les ingérences étrangères dans notre société et dans le fonctionnement de notre démocratie est l’une des priorités du gouvernement […]. La mise en œuvre de cette priorité exige aujourd’hui de renforcer l’encadrement des actions d’influence ou d’ingérence étrangères qui s’exercent de manière discrète, voire occulte, auprès des élus et des décideurs publics français « , écrit-il

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Pour le Premier ministre, le risque est parfaitement identifié. Discussions informelles, proposition de participation à un colloque ou à une activité rémunérée, etc. :  » Ces actions peuvent revêtir des formes diverses et émaner d’acteurs variés (diplomates, cabinets de conseil, groupes de réflexion, structures associatives…).  » La crainte est alors la même : le vol d' » informations stratégiques.  » Qu’il soit le fait d’États ou d’officines privées, le siphonnage de nos secrets est à l’œuvre. Et quiconque assiste au pillage de nos données, dans ce qui s’apparente à de la corruption, du trafic d’influence ou, plus grave, à des atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation et autres intelligences avec une puissance étrangère est désormais prié de lancer la  » procédure d’alerte « .

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En septembre, l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (Irsem) a publié une étude inédite de 650 pages détaillant le réseau d’influence tentaculaire mis en place par la Chine à travers le monde. Le 5 novembre, Xu Yanjun, un agent chinois, a été reconnu coupable par le tribunal de Cincinnati, aux États-Unis, d’espionnage économique. Ses cibles ? Plusieurs sociétés aéronautiques, dont General Electric et le français Safran.

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Nos investigations nous ont permis de mettre au jour de graves ingérences du Maroc dans la gestion du culte musulman. Révélations qui, cinq mois après le scandale Pegasus, du nom de ce logiciel israélien qui aurait infecté le téléphone d’Emmanuel Macron à la demande de Rabat, font craindre une nouvelle crise diplomatique. Au même moment, une des plus grandes chasses à l’homme de l’histoire moderne a lieu dans l’Hexagone, entreprise par le dictateur du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev. L’espionnage est aussi le fait de nos alliés, comme le montre l’incroyable opération espagnole menée contre les intérêts d’EDF, le champion de l’énergie européenne.

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