Au théâtre : La Louve

Publié le 11 Oct 2016
Au théâtre : La Louve L'Homme Nouveau

On ne redira jamais assez combien le théâtre, cet art vivant, est une école de la vie, car il ne cesse de nous mettre en présence de notre humanité dans ces faces les plus sombres comme les plus lumineuses. C’est d’autant plus intéressant quand il s’agit de pièces à consonance historique comme ici dans La Louve, car le recul du temps nous montre à l’évidence la permanence des passions humaines. Les époques changent, le monde se transforme, mais bien des aspects de la condition humaine demeurent inchangés. Daniel Colas, auteur et metteur en scène de cette comédie, – mais est-ce bien une comédie ? -, nous transporte au XVIe siècle au moment où François d’Angoulême devient roi de France sous le nom de François Ier. Il ne doit pas ce trône qu’à sa bravoure légendaire qui fera de lui le héros de la bataille de Marignan, mais à sa mère, Louise de Savoie, dite la Louve, qui veillera avec acharnement et constance sur la destinée de ce jeune prince au tempérament fougueux, plus préoccupé par ses plaisirs que par sa future couronne. Pour nous conter cette époque de la Renaissance, il puise dans les célèbres chroniques de Pierre de Bourdeille, dit Brantôme, et nous sommes littéralement emportés dans les tourbillons et les intrigues de cours et du pouvoir où les femmes ne jouaient pas des rôles secondaires. Le décor est sobre, marqué par la présence centrale des costumes qui nous dépaysent et par le jeu habile des éclairages, de la lueur des chandelles au clair-obscur créant une atmosphère propice à considérer avant tout l’expression des visages, les attitudes et les paroles des protagonistes, le tout se reflétant au fond de la scène sur un miroir qui en occupe tout l’espace. Nous sommes vraiment dans la caverne, au pays des ombres, dans un autre temps que le nôtre, mais où se reflètent des passions qui ressemblent étrangement à celles que les cours modernes étalent sous nos yeux. Il y a cependant une très grande différence qu’il convient de souligner. Ces temps étaient encore marqués, imprégnés par la foi vivante des protagonistes et la transcendance divine n’était pas la grande absente de la scène humaine et politique. Il y avait toujours le sentiment d’une présence de quelque chose qui dépasse nos engluements de la vie et qui donnait la vraie mesure des enjeux du pouvoir et surtout de l’autorité. Cela n’est pas absent de la pièce, mais nous éloigne de notre modernité d’un point de vue perceptif. Le jeu des comédiens est très concerté et donne à voir et à entendre un ensemble très harmonieux presque musical. Un beau spectacle !

Théâtre La Bruyère, 5, rue la Bruyère, Paris IXe. Du mardi au samedi à 21 h, matinée samedi 16 h et dimanche 15 h 30. Rés. : 01 48 74 76 99.

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneCultureHistoire

Général Pau, un chef « bienveillant »

C’est tout à l’honneur du colonel Rémy Porte d’avoir rendu justice dans son dernier livre au général Pau. Officier brillant, catholique pratiquant et affiché en ces temps de laïcisme et d’anticléricalisme violents, Paul Pau était un modèle pour ses subordonnés.

+

1920 General Paul Pau e1788509732211 général pau
CultureÉducation

Les humanités, toujours d’actualité !

Le débat récurrent sur les humanités et les langues anciennes vient de rebondir avec le dernier livre de Caroline Fourgeaud-Laville. Agrégée de lettres classiques et attachée à la transmission du grec ancien, l'auteur démontre que ces disciplines méprisées et en voie de disparition ont toujours toute leur place dans la formation de nos jeunes contemporains.

+

livre humanités grec
À la uneCultureHistoire

Saint Louis (8/8) : Antidote au désordre moderne

DOSSIER n° 1859 « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique » | Louis IX fut canonisé en 1297 par le pape Boniface VIII, seulement 27 ans après sa mort. Sa réputation de sainteté, déjà, le précédait, chez les puissants comme chez les petits. Saint Louis fut grand, d’abord, parce qu’il incarnait un ordre. Louis IX fut canonisé en 1297 par le pape Boniface VIII, seulement 27 ans après sa mort. Sa réputation de sainteté, déjà, le précédait, chez les puissants comme chez les petits. Saint Louis fut grand, d’abord, parce qu’il incarnait un ordre.

+

saint louis