Benoît XVI et Saint Thomas : une intelligence au service de Dieu

Publié le 06 Jan 2023

©Bistum Regensburg

Entretien avec le Père Serge-Thomas Bonino, op, doyen de la faculté de philosophie de l’Angelicum.

 

En décembre 2011, Benoît XVI vous avait nommé secrétaire général de la Commission théologique internationale. Quel souvenir avez-vous de cette nomination ?  
Lorsqu’en 2004, j’ai été nommé membre de la Commission théologique internationale, Joseph Ratzinger, au titre de préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, en était le président. J’ai pu alors apprécier sa profonde simplicité et son admirable capacité de synthèse. Il faisait habituellement à la fin de chaque session, à laquelle il s’efforçait toujours d’être présent, une synthèse d’une rare intelligence sur les discussions en cours et ouvrait les justes perspectives. Lors de ce premier quinquennium, il avait souhaité qu’un théologien de tradition thomiste soit chargé d’un document sur la loi naturelle comme fondement de l’ordre moral et politique, document qui parut en 2009. En effet, malgré un premier contact assez réfrigérant avec le thomisme d’école et bien que plus familier de saint Augustin, Benoît XVI, surtout comme pape, a su apprécier l’apport irremplaçable de saint Thomas sur des questions fondamentales comme la juste conception des rapports foi-raison, le rôle de l’analogie en théologie ou l’importance de la loi naturelle en morale. Comme secrétaire général de la Commission théologique internationale, à partir de 2011, j’ai été frappé par l’attention qu’il portait aux travaux en cours de la Commission. Chaque année, à l’occasion de la session plénière, il recevait avec un évident plaisir, comme en « famille », la Commission, dont il éclairait encore le parcours par ses discours et ses homélies, insistant sur la beauté et les exigences de la vocation ecclésiale du théologien. Après sa renonciation, j’ai eu l’occasion d’aller lui présenter l’état des travaux de la Commission théologique internationale, dont il restait informé et curieux.  
Le monde rend aujourd’hui hommage au Saint-Père mais aussi au théologien. Quelle place la théologie aura-t-elle occupée durant sa vie et son pontificat ?  

Joseph Ratzinger était théologien par vocation et profession. Appelé à l’épiscopat puis au pontificat suprême, il a conservé un intérêt soutenu pour…

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Maitena Urbistondoy

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