Berthe Morisot (1841-1895) revient après 70 ans d’absence

Publié le 30 Août 2019
Berthe Morisot (1841-1895) revient après 70 ans d'absence L'Homme Nouveau

C’est une première : le musée d’Orsay présente une exposition d’œuvres de Berthe Morisot. Ses toiles n’ont pas été montrées depuis 1941 !

Au XIXe siècle, une femme qui s’affirme comme artiste-peintre professionnel, cela choque l’opinion publique. Mais Berthe a du caractère. « Je ne crois pas qu’il y ait jamais eu un homme traitant une femme d’égale à égal, et c’est tout ce que j’aurais demandé, car je sais que je les vaux », écrit-elle poursuivant son travail avec ténacité. Elle présente des toiles au Salon dès 1864 tout en appartenant au groupe des impressionnistes avec lesquels elle expose régulièrement. 

Son portrait, réalisé par sa sœur Edma, ouvre l’exposition. Jeune, charmante, elle apparaît debout devant son chevalet, en train de peindre. Ses premiers tableaux sont très soignés, poétiques et harmonieux : il y a des jeunes femmes dans des intérieurs, vêtues de robes blanches au rendu admirable, puis, le fameux Berceau (1872) du Musée d’Orsay, montrant sa sœur contemplant son nourrisson endormi. Là aussi, les transparences des voilages blancs avec des nuances rosées ou bleutées sont splendides. Deux magnifiques pastels témoignent de sa grande maîtrise de cette technique délicate. Quelques figures dans la nature où les nuances vertes de l’herbe ou des arbres sont saisies avec subtilités, les personnages semblent esquissés, une mère avec ses enfants brode ou se repose.

On découvre aussi des scènes d’intérieur avec la lumineuse série des femmes à la toilette et d’autres au travail ainsi la Petite servante. Des portraits évoquent Renoir, tandis que d’autres toiles rappellent Degas ou Cassatt.

Au fil de temps sa peinture évolue sur le plan technique. Les coups de pinceaux ou de brosses, nerveux et rapides apparaissent. Le fond de la toile n’est plus préparé, il devient lisible. Certaines œuvres semblent inachevées. Un choix délibéré ou une insatisfaction dans la réalisation de certaines toiles ?

Quoiqu’il en soit, l’exposition est passionnante et mérite vraiment une visite ! 

Céline Vicq

Jusqu’au 22 septembre 2019. Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion d’Honneur, 75007 Paris.

Ouvert du mardi au dimanche de 9h30 à 18h, jusqu’à 21h45 le jeudi. Fermé le lundi.

Catalogue de l’exposition, coédition Musée d’Orsay/Flammarion, 288 p., 42 euros.

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