À travers un imposant volume, le professeur Máté Botos publie les documents originaux de l’Union catholique des études sociales et économiques de Fribourg et permet ainsi de mieux saisir comment s’est constituée la doctrine sociale de l’Église depuis Rerum Novarum.
Máté Botos, professeur à l’université catholique Pázmány Péter de Budapest, vient de publier, dans un volume de 888 pages, l’ensemble des textes émanant de l’Union catholique des études sociales et économiques, dite « Union de Fribourg », couvrant la période de 1884 à 1903. Il a choisi pour titre De la bonne monnaie. Documents originaux de « l’Union catholique des études sociales et économiques » de Fribourg (1884-1903) [1].
La défense de la papauté

Mgr Gaspard Mermillod (1824-1892).
Rappelons que cette association, promue par le pape Léon XIII et menée par l’évêque suisse
Gaspard Mermillod, était elle-même issue des initiatives de défense de la papauté, et plus généralement des principes de l’ordre politique catholique, par le même évêque et ses amis, à l’origine du lancement d’un organe de presse,
Correspondance de Genève, fondé en 1870, à l’occasion du premier concile du Vatican
(2). À cette époque, il s’agissait de défendre l’Église contre les attaques de l’impiété, et d’exalter la papauté, d’où un engagement résolu en faveur de la proclamation de l’infaillibilité pontificale. Par la suite, en présence d’une hostilité toujours plus vive contre la voix de l’Église, Mgr Mermillod et ses amis se lancèrent dans la défense et illustration du « règne social de Jésus-Christ », en s’attachant particulièrement à la défense du monde du travail menacé par la
propagande marxiste, alors en plein essor. Ce n’est donc que plus tard, en
1885, qu’est fondée l’Union catholique d’études sociales et économiques, à Fribourg, siège épiscopal de Mgr Mermillod, jusqu’à ce que ce dernier devienne évêque de Lausanne et Genève, deux ans plus tard, dans des conditions d’hostilité de la part des autorités de ce canton protestant intolérant, qui finiront par l’expulser. L’Union de Fribourg dut beaucoup à l’aide de laïcs, spécialement
René de La Tour du Pin et Albert de Mun, grands noms du catholicisme social. Du travail effectué dans ce cadre intellectuel ont résulté, dans une large part, les arguments développés dans l’encyclique…
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Bernard Dumont | Directeur de Catholica