Chagall, Lissitzky, Malévitch… L’avant-garde russe à Vitebsk

Publié le 25 Avr 2018
Chagall, Lissitzky, Malévitch… L’avant-garde russe à Vitebsk L'Homme Nouveau

Sait-on que pendant une brève période de quatre ans (1918-1922) à Vitebsk, aujourd’hui en Biélorussie, il s’est joué un bouleversement esthétique ayant une influence considérable jusqu’à notre époque ?

Le Centre Pompidou retrace cette histoire. Chagall, originaire de cette cité, revient de France pour épouser sa chère fiancée Bella. Des œuvres de ce maître reflètent son bonheur : La Noce (1918) où un ange rouge saisit et réunit les têtes des deux amoureux tandis qu’un petit personnage, assis dans un arbre, joue du violon. Plus loin, l’enchantement se poursuit, le peintre et sa bien-aimée, planent dans le ciel (Au-dessus de la ville, 1914-1918). La Révolution est là, Chagall se sent libre comme juif et artiste. Marqué par les leçons du cubisme qu’il a découvert en France, il intègre avec son juif errant Au-dessus de Vitebsk (1915-1920), des éléments de ce mouvement dans l’architecture du second plan. 

Il fonde alors une école d’art ouverte à tous et est nommé officiellement commissaire des beaux-arts. Il sollicite comme professeurs des artistes très divers souhaitant couvrir tous les styles. Puis, il retrouve son ami d’adolescence, Lissitzky (1890-1941), architecte de formation, qui, à son tour, invite Malévitch (1878-1935) à venir les rejoindre. Mais l’entente est impossible. Une vision de l’art radicalement différente les oppose. Et c’est le théoricien Malévitch, créateur du Suprématisme, qui séduit les jeunes élèves tandis que l’atelier de Chagall est peu à peu déserté…

L’exposition du Centre Pompidou montre ces différents courants, absolument aux antipodes, l’un plein de poésie et de fantaisie est ouvert à la transcendance (Chagall), l’autre rationnel, cérébral, dans une volonté de maîtrise totale donne des œuvres géométriques construites, allant jusqu’au carré blanc sur fond blanc (Malévitch).

250 œuvres et documents sont donnés à voir dont beaucoup proviennent de Russie et d’importantes collections américaines et européennes. À découvrir !

Jusqu’au 16 juillet 2018. Centre Pompidou, Place Georges-Pompidou, 75004 Paris. Tous les jours de 11h à 21h. Le jeudi jusqu’à 23h. Fermé mardi et le 1er mai.

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