Clarification : « Toutes les religions » sont-elles « un chemin vers Dieu » ?

Publié le 08 Oct 2024
sainte église vie éternelle pain de vie religion

© DomyD / Pixabay

Une phrase du pape François, entendue lors de son dernier voyage en Asie, a suscité beaucoup de commentaires. Le Salut est-il ouvert à chacun par sa propre religion ? Une explication théologique et pastorale était indispensable pour rappeler la juste articulation entre dialogue et évangélisation.

  Le 13 septembre dernier, au cours de son voyage à Singapour, le pape François s’est adressé à des jeunes pour leur parler de l’importance du dialogue, spécialement entre ceux qui appartiennent à des religions différentes : « Toutes les religions sont un chemin vers Dieu. Elles sont – je fais une comparaison – comme des langues différentes, des idiomes différents, pour y parvenir. Mais Dieu est Dieu pour tous. Et parce que Dieu est Dieu pour tous, nous sommes tous fils de Dieu. » Cette conversation a suscité des polémiques et des contestations. Tout en reconnaissant qu’elle ne constitue pas un acte du magistère mais une consigne pastorale et missionnaire, elle peut être aussi l’occasion d’une clarification pour mieux saisir ce qui est vraiment en jeu.  

1. L’être humain est naturellement religieux 

Il ne s’agit pas là d’un simple constat ethnologique mais d’une réalité anthropologique fondamentale. Il est dans la nature de l’homme d’être religieux, c’est-à-dire de reconnaître ou de chercher à établir un lien avec l’infini, avec cette réalité que la créature raisonnable pressent. Même dans un état de faiblesse congénitale (que nous appelons en régime chrétien le péché originel), l’intelligence humaine est capable de parvenir à la certitude de l’existence de Dieu, objet de son désir inné de vérité et de bonheur. Dès lors le comportement le plus humain et le plus raisonnable est de chercher à entrer en contact avec cette réalité à la fois mystérieuse et omniprésente. Mais parce que l’homme n’accomplit sa vocation qu’au sein d’une communauté (la famille puis la société), cette quête d’infini prend aussi une dimension familiale, sociale et communautaire. Elle se traduit par un ensemble de rites, de coutumes, de croyances, de manières de faire et de vivre, d’exigences éthiques et de lois morales. La première mission du théologien et du missionnaire est donc de reconnaître la part de vérité sur Dieu et sur l’homme que comporte chaque tradition religieuse. En ce sens le dialogue est bien la première étape de l’évangélisation. Mais le missionnaire est aussi appelé à un travail de discernement parce que ces différentes traditions religieuses restent marquées par la loi universelle de péché.…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Père Laurent-Marie Pocquet du Haut-Jussé 

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeLiturgie

Trésor de la liturgie byzantine (2/3) : (Re)découvrir le rite byzantin

DOSSIER « Le trésor de la liturgie byzantine » | La chapelle consacrée aux chrétiens d’Orient dans Notre-Dame de Paris rénovée poussera-t-elle les catholiques latins à découvrir les rites, trop souvent incompris ou ignorés, des Églises catholiques orientales ? Ces rites trouvent tous leur origine, comme notre rite latin traditionnel, dans l’héritage directement reçu des apôtres, notamment le rite byzantin.

+

rite byzantin liturgie
À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeLiturgie

Trésor de la liturgie byzantine (1/3) : Ce que je dois au rite byzantin

DOSSIER « Le trésor de la liturgie byzantine » | À 21 ans, le père Louis-Marie de Blignières, fondateur par la suite de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, assistait pour la première fois à un office religieux selon le rite byzantin, dans l'une des plus anciennes églises parisiennes. Plus d'un demi-siècle après, il mesure combien cette rencontre presque fortuite a nourri sa spiritualité et sa compréhension de la complémentarité entre l'Orient et l’Occident. Un précieux témoignage liturgique.

+

liturgie byzantine
À la uneÉgliseLéon XIV

Léon XIV : « L’histoire du monde sans les saints serait plus pauvre et moins humaine »

Commentaire du Pape | Du 19 au 21 octobre 2026, le Dicastère pour la Cause des Saints organisait un congrès international sur « La sainteté dans l’Histoire ». Dans son discours de clôture, Léon XIV a affirmé que « l'histoire du monde sans les saints serait plus pauvre et moins humaine ». Il a aussi insisté sur  la nécessité d'une rigueur historique stricte dans les processus de canonisation.

+

saint dicastère Léon XIV pape
À la uneÉgliseSpiritualité

La Toussaint : fête des vivants

Carte blanche à Judith Cabaud | Le 1er novembre, l’Église catholique célèbre la fête de tous les saints – connus ou inconnus. Par extension, le lendemain, le 2, on commémore tous les fidèles défunts. Dans l’Évangile, la mort n’est pas une fin absolue, mais une promesse de vie et de résurrection.

+

Toussaint saint ciel défunt novembre
Église

L’apostolat de la Fraternité Saint-Pierre à Fribourg

Carte blanche à Yves Chiron | La Fraternité Saint-Pierre (FSSP) a d’abord eu son siège à Wigratzbad, en Allemagne, où se trouve son séminaire international. En 2003, la Maison générale a été transférée à Fribourg, en Suisse. L'apostolat s’y exerce dans la basilique Notre-Dame, la plus ancienne église de la ville, avec la messe, des confessions, du catéchisme pour enfants ou adultes et des groupes de prières.

+

fribourg fssp Fraternité Saint-Pierre