Alors que notre agriculture traverse les jours les plus noirs de son histoire, l’abattage stalinien des bovins et la violente répression paramilitaire l’accompagnant ont choqué la France entière. Pendant ce temps, le ministère de l’Agriculture continue à se partager entre surdité et absurdité.
Surdité envers les paysans qui ne demandent pourtant que quelques mesures de bon sens, et silence complice de l’information de masse sur la situation. Absurdité de la politique agricole intérieure (mesures extrêmes, taxes, interdits, normes, contrôles…) et extérieure (ouverture des frontières au libre-échange déloyal). Si l’accord avec le Mercosur (Marché commun d’Amérique du Sud) est provisoirement repoussé, on importe massivement d’Ukraine (100 000 tonnes de betteraves pour l’Union européenne sans droits de douane), pour le plus grand profit de ses seuls oligarques. Le fossé qui sépare la profession de son ministère se creuse toujours davantage : sur les quarante dernières années, si le nombre des agriculteurs (400 000 actuellement) a été divisé par trois, celui des fonctionnaires de l’agriculture (36 000) a été multiplié par deux, soit un fonctionnaire pour un peu plus de 10 agriculteurs.
Un régime mortifère
Cette triste actualité vérifie le bien fondé de la vieille formule de Charles Maurras, pour qui « la République gouverne mal mais se défend bien ». Ce régime en France est mortifère depuis son origine révolutionnaire, avec ses adversaires comme avec ses administrés. L’agriculture assassinée en fait les frais depuis longtemps déjà. D’une part, les agriculteurs sont pris en tenaille par les primes euro-gouvernementales qui les tiennent, et d’autre part, par le libre-échange mondial de la république universelle (conçue par Kant, Mandeville ou Adam Smith), qui les étouffe. La « paix des nations » du cosmopolitisme, le « doux commerce entre les peuples » de Montesquieu, selon les formules des utopies du XVIIIᵉ siècle, entrent en guerre aujourd’hui contre les agriculteurs. L’arrivée en masse des tracteurs français à Bruxelles le 19 décembre dernier ne s’est pas trompée d’adversaire : là réside le nœud du problème, qui distribue des subventions aliénantes d’une main et rédige de l’autre des réglementations folles. Pour comprendre la collusion entre démocratie et totalitarisme européen, il est intéressant de se pencher sur le jumelage des parlements et de la Commission européenne (non élue). Nos parlements, français ou européens, passent leur temps à valider en lois (françaises ou européennes) des textes de la Commission européenne, rédigés par des commissaires nommés et envoyés à Bruxelles par…








