Comment meurent les moines ?

Publié le 27 Avr 2018
Comment meurent les moines ? L'Homme Nouveau

Dans une société qui tend et espère plus que jamais maîtriser la mort, le dernier livre de Nicolas Diat transporte avec lui un effet apaisant en même temps qu’un souffle de véritable éternité.

Bien connu aujourd’hui dans le monde catholique, en raison de sa biographie de Benoît XVI et de ses livres avec le cardinal Robert Sarah, l’auteur a voulu connaître le secret de la vie monastique. Dis-moi comment tu meurs, et je te dirai qui tu es.

C’est en quelque sorte à cet exercice de salubrité spirituelle que s’est astreint Nicolas Diat, dans ce pèlerinage monastique hors du commun qui, d’abbaye en abbaye, l’a mené au chevet des hommes de Dieu.

Dans ces espaces clos par vocation, empreint chacun d’une personnalité particulière, où les moines sont tournés entièrement vers la recherche de Dieu tout en ne niant rien des grandes réalités de la terre, la mort est souvent une compagne. Comme ailleurs, elle peut s’annoncer ou venir par surprise. Du jeune frère Vincent, de l’abbaye de Lagrasse au chartreux dom Lauduin sans oublier les bénédictins de différentes congrégations, les exemples et les récits abondent qui révèlent le rapport des hommes de Dieu à la mort.

Un rapport généralement apaisé, même si des drames peuvent s’y vivre. Pourtant, plus que « leurs » morts, dom Pateau ou son prédécesseur à la tête de Fontgombault, s’inquiètent aujourd’hui d’un monde qui semble vouloir voler la mort en l’enfouissant sous les médicaments. Pour sa part, dom Innocent, n’attend pas la mort, mais la vie. La vraie, celle qui ne finit pas et qui passe par cette dernière étape. Sur les bords de la Sarthe, dom Dupond, abbé de Solesmes, se rend chaque soir prier ses prédécesseurs, près de l’endroit où il reposera définitivement. Pour dom Olivier, la mort de frère Théophane révèle une pédagogie divine.

Les exemples abondent et ils sont souvent éloquents, même si l’auteur ne cache pas aussi que sous la bure le face-à-face avec la mort peut déboucher sur des tragédies. D’ailleurs, la mort ne touche pas que les… morts. Elle laisse sa trace, et parfois le désarroi, l’interrogation, parmi les vivants qui doivent alors trouver en Dieu seul la consolation.

Écrit avec pudeur et sensibilité, mais non sans beauté, ce livre offre une profonde méditation sur les fins dernières, à travers l’exemple des hommes de Dieu, enfouis par vocation dans le silence et la prière. Le temps d’une rencontre, ils ont bien voulu entrouvrir les portes sur leur fin de vie. 

Un temps pour mourir, Nicolas Diat

Fayard, 228 pages, 20,90 €.

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