Coopérateur de la Vérité

Publié le 11 Jan 2023
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C’était la devise épiscopale de Joseph Ratzinger puis du pape Benoît XVI. On pourrait dire que toute son existence a été comme illuminée par ce verset de la troisième lettre de saint Jean (3 Jn, 8). Il a été le serviteur de la vérité comme professeur, comme théologien, comme évêque, comme préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi puis comme pape. Cette vérité, c’est d’abord le Christ lui-même, Verbe de Dieu, Logos, raison de toute chose parce qu’« en lui, tout fut créé, dans le ciel et sur la terre » (Col 1, 16). Joseph Ratzinger a été serviteur de la vérité en confirmant la raison humaine, participante du Logos divin, dans sa mission de chercher, d’explorer, de dialoguer, non pas en restant fermée dans l’immanence d’une raison purement scientifique et technique, mais en s’ouvrant sur le mystère de l’être et sur celui de Dieu. Le dialogue entre la foi et la raison fait partie de l’héritage que nous recevons de lui. Le pape Benoît nous a encouragés à laisser la raison interroger la foi tout en acceptant d’ouvrir aussi notre raison aux larges perspectives offertes par la Révélation. C’est ce qui a motivé ses différents discours devant des universitaires à Ratisbonne, à Rome et à Prague, devant des intellectuels à Paris et à Londres, devant des politiques à New York et à Berlin. Le pape Benoît nous a appris, à la suite de saint Jean-Paul II, à trouver dans la raison un moyen de dialogue et de rencontre avec nos contemporains, sans craindre d’apporter l’éclairage de la foi sur les questions les plus actuelles. On se souvient de la magnifique méditation du pape Benoît au collège des Bernardins en septembre 2008. Il y montrait la façon dont la Révélation a été reçue dans une communauté. C’est cette réception de la Parole de Dieu dans la foi, cette recherche de Dieu dans la vie monastique qui a non pas éteint l’usage de la raison mais bien plutôt contribué au développement des arts et des techniques, au développement de la culture. C’est là aussi un point déterminant de la théologie du pape Benoît : le Christ, Parole éternelle du Père, Verbe fait chair, s’est révélé dans l’Église, dans une communauté croyante, priante, qui trouve sa source et sa joie dans la célébration de la liturgie. « L’Eucharistie […] est le lieu de naissance perpétuel de l’Église », écrivait-il…

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Mgr Nicolas Brouwet +

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