Corée : les repères historiques sont-ils en train de changer ?

Publié le 14 Oct 2026
Corée nord sud

Entre les deux Corées, la surveillance reste de mise. (Edward N. Johnson, U.S. Army Public Affairs Officer, Public domain.)

Depuis septembre, la Corée du Sud semble vouloir calmer le jeu guerrier face à celle du Nord et reprendre le dialogue. Comment expliquer cette attitude diplomatique et quels changements cela pourrait-il impliquer, notamment du point de vue politique ?

  Le 21 septembre, trois officiers sud-coréens étaient blessés par l’explosion de mines dans la zone démilitarisée (la DMZ) entre les deux Corées. Sans nous surprendre, la Corée du Sud attribuait à sa sœur du Nord la responsabilité de l’incident. Quant à celle du Nord, elle accusait l’autre de fabriquer une provocation politique et militaire. Rien de surprenant entre ces deux pays qu’un fragile armistice garde en alerte permanente depuis plus de soixante-dix ans. Sinon qu’arrivé au pouvoir en juin 2025, le nouveau président de Corée du Sud, Lee Jae-myung, appelait le 1er octobre sa voisine du Nord « à rétablir la confiance et à reprendre le dialogue ». C’était seulement dix jours après l’incident sur la DMZ. À Pyongyang, capitale du Nord on ne s’en émouvait guère puisque, onze jours plus tard, les accompagnant de commentaires triomphants, on effectuait plusieurs tirs de missiles balistiques au-dessus de la mer du Japon. Si au Nord rien ne change, au Sud, semble-t-il, on commence à remettre en question l’approche purement guerrière préconisée jusqu’ici. Comment expliquer cette nouvelle manière d’agir ?

Une volonté américaine ?

Peut-être ce changement est-il lié à une décision de Donald Trump. En août dernier, celui-ci réduisait les exercices militaires annuels conjoints en cours, entre l’armée américaine et la Corée du Sud, les faisant passer de 11 jours à 5 jours. Officiellement, il estimait que ces manœuvres adressaient « un signal totalement inapproprié et hostile » à la Corée du Nord. La volonté de calmer le jeu viendrait donc de Washington et non pas de Séoul, le manque de munitions de l’armée américaine dans le golfe Persique ayant dû jouer un rôle dans cette affaire.

Song Young-gil

Il faut aller plus loin pour comprendre. Un homme tient une place importante dans la politique étrangère de la Corée du Sud. Il s’appelle Song Young-gil. Ce catholique né en 1956 a participé aux événements qui ont permis l’instauration de la démocratie au « Pays du matin calme », dans les années quatre-vingt. Après une période d’emprisonnement, il a travaillé comme ouvrier, avant de retrouver ses droits civiques en 1988, puis d’entreprendre des études de droit et de devenir avocat. Élu à l’Assemblée nationale en 2000, il…

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Alain Chevalérias

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