Le 15 août, en Pologne, près de 2 000 fidèles se réunissaient à Konotopie pour la bénédiction de la plus haute statue de la Vierge Marie en Europe. Malgré tout, quelques esprits chagrins n’ont pas manqué d’émettre d’aigres critiques.
Le samedi 15 août dernier, tandis que les catholiques de France célébraient leur patronne principale, les fidèles polonais se réunissaient à Konotopie pour la bénédiction de la plus haute statue de la Vierge Marie en Europe. Culminant à 56,6 mètres, Notre-Dame de Miséricorde, regard baissé vers la terre et paumes levées au ciel, semble intercéder pour le peuple de cette contrée rurale du centre du pays. Cette statue géante efface le précédent record polonais de 52,5 mètres de hauteur du Christ-Roi de Świebodzin, non loin de la frontière allemande, et dépasse de plus de 17 mètres le célèbre Christ Rédempteur de Rio de Janeiro.
Un couple d’entrepreneurs polonais
Selon l’expression de Mgr Krzysztof Wętkowski, évêque du diocèse de Włocławek, qui a célébré la messe de l’Assomption au pied de la statue nouvellement bénite, cette construction est « un ex-voto de gratitude personnelle ». Elle a en effet été édifiée à l’initiative privée de Grażyna et Roman Karkosik, un couple d’entrepreneurs parmi les plus hautes fortunes polonaises. Les époux n’en sont pas à leur coup d’essai, puisqu’ils avaient déjà financé le sanctuaire voisin dédié à Notre-Dame des Douleurs, ainsi qu’une chapelle dans la petite ville de Kikol, dont ils sont originaires. Dans un siècle où l’indifférentisme religieux ne cesse de gagner du terrain et où tant d’hommes ont « les yeux fixés uniquement sur la terre », comme l’a rappelé l’évêque dans son homélie, une telle manifestation publique de la foi catholique a de quoi réjouir les cœurs des fidèles. Néanmoins, même si la cérémonie a rassemblé près de 2 000 fidèles parmi lesquels figurait Lech Wałęsa, ancien président de la République, figure historique de la lutte contre le communisme et prix Nobel de la paix, quelques esprits chagrins n’ont pas manqué d’émettre d’aigres critiques.
Un coût trop élevé ?
En cause notamment, le montant estimé à plus de 20 millions d’euros, dont certains ont regretté qu’il ne soit pas fait un usage plus caritatif, en ne craignant pas de citer les paroles du disciple qui livra le Christ. Le père Adam Zielinski, prêtre du diocèse de Włocławek, s’en est ainsi fait l’écho auprès de La Croix : « Comme Judas dans l’Évangile, certaines…







