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Fondé par saint François de Paule au XVᵉ siècle, le couvent des Minimes de Tours renaît de ses cendres pour accueillir des élèves et leur offrir un cadre propice à une éducation enracinée culturellement dans le beau. Présentation par Anne Jaubert, chargée de communication, et Louis-Antoine Roullier, président du groupe scolaire Carlo Acutis.
| Vous avez pour projet de « redonner sa vocation de transmission » au couvent royal des Minimes. Quelle est l’histoire de ce lieu spirituel ?
Le couvent royal des Minimes est le premier couvent de l’Ordre des minimes, fondé par saint François de Paule. Celui-ci fut appelé depuis l’Italie pour ses talents de thaumaturge au chevet de Louis XI gravement malade. Le roi avait fait agrandir le château du Plessis dans la périphérie de Tours, à l’époque capitale de la France, pour combler son besoin de solitude. Saint François de Paule assura qu’il ne pouvait rien pour le roi du point de vue de la santé corporelle, mais qu’il pouvait l’aider pour sa santé spirituelle. Il l’accompagna ainsi jusqu’à sa mort. En échange, Louis XI lui fit cadeau d’une parcelle au fond de son parc, où le saint, avec l’autorisation du Pape, construisit le couvent Jésus-Marie, premier d’un grand nombre de couvents en France et à l’étranger. L’Ordre des minimes devint très influent sur la monarchie jusqu’à Louis XIV, et le deuxième couvent financé par le roi de France, celui de la Trinité-des-Monts à Rome, facilita les relations entre celui-ci et le Pape. Quarante ans avant les thèses de Luther, saint François de Paule prêchait l’ascèse et la charité, à une époque où l’Église connaissait des dérives. Le couvent royal des Minimes exerçait une grande influence non seulement spirituelle, mais aussi philosophique, scientifique et politique. Chassés à la révolution, les Minimes ne sont jamais revenus en France.
| Dans quel état ce couvent se trouve-t-il aujourd’hui ?
Ce couvent assez sobre et simple connut plusieurs vies. Construit à l’origine pour une vingtaine de minimes, il bénéficia de la protection des rois jusqu’à la Révolution. Cependant, il fut pillé une première fois lors du sac de Tours par les huguenots et la tombe de saint François de Paule fut profanée. À la Révolution, il fut une nouvelle fois pillé et profané, puis vendu comme bien national pour devenir une carrière de pierres. Divisé entre huit propriétaires, le terrain perdit son unité.…







