Éric Morillot : Il faut renationaliser l’audiovisuel public

Publié le 23 Juin 2026
nationaliser audiovisuel Éric morillot
Le journaliste Éric Morillot est coauteur, avec Michel Goldstein, d’une enquête sur l’audiovisuel public, un système qu’il juge aujourd’hui opaque, onéreux et au service du wokisme. Il propose des pistes pour en sortir. Entretien. 

 

| Quel est l’état aujourd’hui du paysage audiovisuel français ?

Aujourd’hui, l’audiovisuel français s’articule entre des chaînes historiques que sont les cinq chaînes les plus importantes de France (TF1, France 2, France 3, France 5 et M6) et, depuis plusieurs années, une quinzaine d’autres chaînes de la TNT. En dépit de cette offre importante, il reste malgré tout une prime à l’audience pour les six premiers canaux, dont quatre sont des chaînes de service public (France 2, France 3, France 4, France 5). Il s’agit d’un avantage prépondérant : les meilleures numérotations de canaux reviennent en majorité à des chaînes de service public. Quant à l’argent alloué par l’État chaque année à ce paysage de chaînes de service public, on compte 3 milliards pour France Télévisions et un milliard pour Radio France.  

| La commission d’enquête menée par le député Charles Alloncle a mis le doigt sur un certain nombre de problèmes dans la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public. Peut-on les dater ?

Ces problèmes sont anciens et on ne peut donc pas tous les attribuer à l’équipe en place. Cependant, celle-ci les a fortement aggravés depuis 2015, c’est-à-dire depuis la prise de fonction de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions : la dérive wokiste de l’audiovisuel public n’a jamais été aussi importante. Et ils ne s’en cachent pas ; Delphine Ernotte a pu dire : « nous essayons de représenter la France telle que l’on voudrait qu’elle soit », Stéphane Sitbon-Gomez : « vouloir vivre ensemble, cela commence par voir ensemble », et Laurence Bloch, ancienne directrice de France Inter : « le progressisme, je ne l’ai pas tiré de mon chapeau, je l’ai sorti du cahier des charges ».  

| Quelles révélations ont été faites sur la manière dont est utilisé l’argent du contribuable ? 

La commission d’enquête a révélé de nombreuses choses très choquantes. D’abord, cette caste dirigeante en place, à France Télévisions notamment, bénéficie d’un régime dérogatoire qui lui donne des privilèges incroyables : indemnités de licenciement exorbitantes (Nathalie Darrigrand est partie avec 400 000 euros…), salaires mirobolants (que la plupart n’ont pas voulu révéler aux Français), voitures de fonction… France Televisions 20150803 scaled AUDIOVISUEL De plus, des sommes non négligeables sont allouées à la production extérieure qui…

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Marguerite Aubry

Marguerite Aubry

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