> L’Essentiel de Thibaud Collin
Jeune auteur, Pierre Valentin vient de publier chez Gallimard Malaise dans la génération Z, un essai pénétrant sur la santé mentale des jeunes, qui mérite à la fois d’être pris en compte et d’être complété afin de trouver les voies pour sortir de la grande dépression générationnelle.
La jeunesse actuelle est en souffrance, en grande souffrance. Tel est le diagnostic que Pierre Valentin, après bien d’autres, pose avec concision dans un essai intitulé Malaise dans la génération Z (1), paru dans une nouvelle collection de Gallimard au nom programmatique de « En attendant le réel » (2) (étonnamment dirigée par le cinéaste Éric Rochant, scénariste de la série sur la DGSE Le Bureau des légendes). La génération Z (comme Zoom, cet outil de visioconférence très utilisé depuis les confinements de 2020) désigne les jeunes gens nés entre 1995 et 2013. Ceux-ci succèdent aux Millenials (nés entre 1981 et 1995), à la génération X ? (1965 à 1981) et enfin aux boomers (1946 à 1965). Cette notion de génération bien qu’un peu artificielle permet de distinguer sociologiquement une somme d’expériences communes à un certain nombre de classes d’âge. Ces expériences peuvent être des guerres, des crises économiques, des épidémies et des mutations technologiques, etc. Ainsi la génération Z est-elle celle du smartphone et des réseaux sociaux (alors que celle des boumeurs était celle de la télévision et celle des Millenials de l’ordinateur personnel). Mais Pierre Valentin considère que le critère technologique, bien qu’important, ne doit pas être absolutisé. Son essai cherche à montrer que les causes et les enjeux sont plus profonds.
Une crise de la santé mentale
Le constat de départ est le suivant : malgré sa grande diversité interne, cette génération Z « trouve son unité dans la “crise de la santé mentale” qu’elle traverse ». Dans la myriade de chiffres que l’auteur cite, ne relevons que celui-ci : un quart des 15-29 ans de notre pays souffrent de dépression (3). Comment comprendre ce fait ? L’intérêt de l’approche de Pierre Valentin est qu’elle n’en reste pas au seul plan médical. « Cette crise psychologique est, à mes yeux, dit-il, une crise culturelle et même une crise morale. » Sa formation philosophique lui permet de saisir l’objet ultime de la psychologie, à savoir l’âme. Un regard de science expérimentale portant sur les phénomènes psychiques est…







