Dans la tempête, tournons-nous vers le Christ

Publié le 19 Déc 2018
Dans la tempête, tournons-nous vers le Christ L'Homme Nouveau

Pour la seconde journée mondiale des pauvres, le Pape a proposé trois modèles d’action qu’il nous invite à accomplir à la suite de Jésus. Tout d’abord il faut laisser, ce qui s’apparente au renoncement. L’Évangile médité ici par le Pape suit immédiatement le miracle de la multiplication des pains. Jésus s’est éloigné, laissant la foule qui voulait le faire roi. Même les disciples qui ont encore beaucoup à apprendre de Jésus ne comprennent pas sa décision et le laissent aller seul sur la montagne. Jésus nous donne ainsi à tous une grande leçon : pour le suivre, il faut aller à l’écart, loin du monde, là où règne le silence sans lequel prière et contemplation demeurent impossibles pour l’homme. Et ce n’est qu’au cœur de la nuit que Jésus rejoint les siens en marchant sur les eaux agitées. Pour suivre Jésus ne craignons jamais d’aller à contre-courant. C’est même la seule condition pour suivre celui qui est toujours apparu comme un signe de contradiction. Nous devons donc tout laisser pour suivre Jésus, en nous souvenant de la parole de saint Jean de la Croix : tant qu’il est retenu, même par un simple fil, l’oiseau ne pourra jamais s’envoler. Pour s’envoler vers Dieu après avoir tout largué pour lui, il faut encore prier et aimer, deux conditions indispensables pour suivre Jésus. J’ajouterai volontiers, il faut aussi souffrir et prendre sa croix à sa suite, sans oublier de rejoindre nos frères partout, car la pratique de l’amour s’applique universellement. Ainsi pourra-t-on monter la montagne sainte qui nous conduira au Ciel. Pour cela nous ne devons pas nous endormir. Il faut au contraire nous réveiller de notre oisiveté tranquille et du calme paisible venu d’une fausse certitude et d’une sécurité égoïste qui nous feraient croire que nous avons déjà atteint le but.

Ensuite, Jésus nous encourage. Le programme que nous venons de fixer n’est pas facile. Il peut même apparaître répugnant à la nature humaine. Les Apôtres ballottés dans la barque sans Jésus se mettent à avoir peur. Seul Jésus peut rassurer et rendre courage, car lui seul vainc les vrais ennemis du genre humain : « le diable, le péché, la mort, la peur et la mondanité ». Notre vie terrestre aussi sera bien souvent ballottée de toutes parts, quand elle ne semblera pas couler à pic. Lors de la méditation du chemin de croix en 2005, juste avant son élection, le cardinal Ratzinger disait que la barque Église prenait l’eau de tous les côtés. La tempête est pourtant nécessaire et le vrai problème consiste dans notre façon de naviguer. Si Jésus est à bord, nous ne risquons rien. Encore faut-il ne pas le repousser ! Comme le dit l’Apocalypse, il frappe à la porte de chacune de nos âmes. Ouvrons-lui toutes grandes les portes de notre cœur et alors nous ne ferons jamais naufrage. Mais il ne suffit pas de garder courage, il faut encore encourager les autres afin qu’ils ne se découragent pas eux aussi. Nous devons donc être des consolateurs et des appuis pour nos frères, en étant nous-mêmes des « christophores ».

Enfin, au milieu de la tempête de l’épisode évangélique, Jésus tend la main à Pierre qui se voyait couler. Il coulait en réalité en raison de son manque de foi. N’est-ce pas souvent notre cas ? Dans ce cas, comme Pierre, il nous faut crier vers Jésus, qui entendra toujours notre cri, si du moins nous-mêmes entendons le cri de nos frères. Il en va ici comme du pardon. Demandons à Marie d’entendre le cri des pauvres, qui sont si nombreux à notre époque et de tous genres. Devant les difficultés ne baissons jamais les bras, mais tendons toujours la main aux autres comme le fit Jésus.

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