Du féminisme au gender, du social au sociétal (1/4)

Publié le 21 Sep 2023
féminisme sociétal gender

Rassemblement pour le droit des femmes, 8 mars 2019, Paris République. ©Jeanne Menjoulet

Devenu obligatoire, politiquement correct, le féminisme n’est pourtant que la première étape d’un individualisme posé en absolu qui instrumentalise la société et l’État pour en exiger la « défense » et l’accomplissement de tous les désirs de la personne, jusqu’au mépris total du réel.

  Il existe une obligation morale et collectivement portée : celle d’être féministe. Combien de personnes, lorsqu’on les interroge, déclarent : « je suis évidemment féministe », quand bien même elles se désolidariseraient des courants les plus extrêmes de ce mouvement ? Le féminisme est considéré comme équivalent à un progrès social qui, s’il est refusé, exclut de notre société ses opposants. Lorsque l’on tente d’imaginer la France avant notre siècle, on fantasme généralement une période qui était « contre » toutes les personnes en possession d’un utérus. La femme était un esclave, voire un meuble. Le féminisme est donc un « progrès » social.   

Le « progrès » ?

Au même titre que l’évolution du singe en un homme est, du point de vue de notre espèce, une évolution positive puisqu’elle mène à nous, on déclare « progrès » une évolution sociale qui mène à notre société. Le terme est ici piégé. Être féministe c’est être « pour » la femme, être « pour » son droit de vote, de travailler, d’avoir un compte en banque, de gagner le même salaire, de se sentir en sécurité, d’avoir une sexualité libre, de faire de son corps ce qu’elle veut, de se prostituer, de ne pas se faire aborder, de se faire aborder, d’avoir des enfants, de ne pas avoir d’enfants, de pouvoir expliquer sa lutte, de ne pas se faire expliquer sa lutte, de ne pas se faire couper la parole…  Après avoir bien travaillé le sujet, nous pouvons l’assurer à notre lecteur : le féminisme n’est pas la promotion des femmes mais celle des individus. En réalité, les droits revendiqués par les femmes ne se fondent aucunement sur ce qu’est la femme. Ils ont la possibilité de trouver leur principe soit dans ce qu’est l’être humain – et cela fait du féminisme un humanisme qui ne fait que changer de nom – ou bien dans le désir individuel de chaque personne.  Dans le premier cas, la revendication féministe s’inscrit dans une revendication dite sociale. « Ce terme vient du latin socialis, “relatif aux alliés”, dérivé de socius, “compagnon, associé, allié”. Cet adjectif qualifie ce qui renvoie aux relations des individus dans la société » (1). Le féminisme est donc un socialisme…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

François-Marie Portes

Ce contenu pourrait vous intéresser

SociétéArt et Patrimoine

Le sens de la pente

Carte blanche à Marie Piloquet | Le Beau n’advient pas seul. Il lui faut, pour le faire éclore, une tension certaine, le choix de la persévérance, le goût de l’ascèse et la transmission. Le chemin n’est pas lisse et la pente a un sens.

+

musique classique pente Ephata
Société

Les menaces de LFI : Insoumission, désobéissance civile et révolution

L’Essentiel de Joël Hautebert | Les appels à la désobéissance civile et à la violence se multiplient avec l'approche de l'élection présidentielle de 2027. Une logique révolutionnaire qui invoque le chaos et la destruction comme armes et comme unique horizon de l'action politique face à la victoire annoncée de Marine Le Pen. Un danger pour la paix civile et des moyens illégitimes qui ne peuvent servir la loi supérieure dont nous nous réclamons.

+

Mélenchon désobéissance civile
SociétéLectures

L’islam des Lumières existe-t-il ?

Dans son dernier ouvrage paru, L’Islam des Lumières. Histoire de l’humanisme musulman (VIIe-XXIe siècle), Olivier Hanne brosse un vaste panorama de l'islam, en montrant que comme religion et comme civilisation il recouvre des courants de pensée nombreux et variés. Mais sa démonstration quand à la possibilité d'un islam libéral semble échouer devant l'Histoire.

+

islam des lumières coran