Quand l’État confisque l’éducation sexuelle

Publié le 17 Déc 2024
éducation sexuelle

Selon le droit naturel, les enfants doivent être éduqués par leurs parents et non par l’école. © Pixabay/Bessi

> L’Essentiel de Thibaud Collin
Le scandaleux programme d’éducation sexuelle à l’école présenté au Conseil supérieur des programmes découle d’une évolution hédoniste qui ignore l’unité de la personne mais surtout il évince les parents de leur devoir et de leur droit inaliénable à éduquer leurs enfants.

  Qu’en est-il du programme d’éducation à la vie affective et sexuelle dispensée de la maternelle au lycée qui devait être présenté le 5 décembre au Conseil Supérieur des Programmes (CSP) ? Nonobstant la pérennité gouvernementale qui, au jour où nous écrivons, reste indéterminée et fragile et qui, bien sûr, conditionne le devenir de ce programme, il convient de s’y pencher. En effet, il est un symptôme intéressant de l’état de notre école sous la coupe de l’idéologie républicaine depuis les années 1880. La différence notable avec cette époque, à laquelle il faut toujours revenir si l’on veut comprendre quelque chose à l’école en France, est que le positivisme de Jules Ferry a logiquement fait place à la déconstruction nihiliste et hédoniste et que l’école catholique est peu ou prou devenue une annexe de l’école laïque. 

Une éducation obligatoire

Dans la version du projet datant de mars 2024, accessible en ligne, sont d’abord exposés les éléments et les principes gouvernant cette éducation qui, notons-le, est obligatoire et s’adresse à tous les élèves du public et du privé sous contrat. Le dispositif se distingue en une « éducation à la vie affective et relationnelle » pour l’école maternelle (cycle 1) et l’école élémentaire (cycle 2) et une « éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité » pour l’école élémentaire (cycle 3), le collège (cycles 3 et 4) et pour le lycée. Cette éducation est transversale et convoque la presque totalité des disciplines scolaires. « Elle répond, affirme le texte, aux missions spécifiques que la Nation confie à l’École, en matière d’instruction, de sensibilisation et de réflexion des élèves. Elle associe trois champs principaux de connaissance et de pensée : le champ biologique, le champ psycho-émotionnel, le champ juridique et social» Il est à constater que l’unité de la personne, principe de toute éducation digne de ce nom, n’est pas respectée et surtout que la dimension proprement morale est tout simplement absente. 

Une neutralité impossible

Cette éducation « s’ordonne selon trois questions suivies et approfondies tout au long de la scolarité : comment vivre et grandir, sereinement, avec son corps ? Comment construire…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Thibaud Collin

Ce contenu pourrait vous intéresser

SociétéLectures

L’islam des Lumières existe-t-il ?

Dans son dernier ouvrage paru, L’Islam des Lumières. Histoire de l’humanisme musulman (VIIe-XXIe siècle), Olivier Hanne brosse un vaste panorama de l'islam, en montrant que comme religion et comme civilisation il recouvre des courants de pensée nombreux et variés. Mais sa démonstration quand à la possibilité d'un islam libéral semble échouer devant l'Histoire.

+

islam des lumières coran
SociétéBioéthique

La GPA éthique : quand l’adjectif remplace la question

C’est logique ! de François-Marie Portes | En jouant avec les mots, on peut en venir à occulter leur sens réel et leurs conséquences. En s'appuyant sur une distinction des circonstances, on nous propose une GPA « éthique », oubliant que dissocier la maternité de la gestation est contre nature, divisant ce qui était uni.

+

gpa éthique
SociétéFin de vie

De la situation faite à la mort en temps nihiliste

L’Essentiel de Thibaud Collin | Dans notre société libérale, la mort est devenue incompréhensible. Échec impossible à envisager pour ceux qui divinisent la liberté et croient à l'autonomie complète de l'homme, elle est donc invisibilisée et l'euthanasie et le suicide assisté ne représentent que les tentatives illusoires de contrôler sa destinée jusqu'au bout.

+

mort nihilisme fin de vie euthanasie suicide assisté
SociétéLéon XIV

Léon XIV en France : La France face au Pape

Spécial venue du Pape en France | Alors qu'elle s'enfonce dans le nihilisme avec des lois de plus en plus antichrétiennes, la France accueille le Pape en grand pompe. Réaction Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, co-auteur d’une tribune intitulée « Léon XIV en France : le piège de l’instrumentalisation » et parue dans le JDD début juin.

+

fin de vie tribune le menée français france pape Léon XIV