Euthanasie : un plan contre toute logique

Publié le 26 Avr 2024
euthanasie

© Parentingupstream / Pixabay

La perversion des lois dites « sociétales » s’appuie toujours sur des raisonnements faux. La dernière annonce du président de la République sur la légalisation de l’euthanasie est un cas d’école, obscurcissant volontairement le sens des mots, additionnant  sophismes, euphémismes et contradictions. Ou comment imposer une rupture anthropologique et morale par le mensonge.

  Emmanuel Macron a présenté les grandes lignes de son projet (1) de légaliser l’euthanasie et une forme de suicide assisté. Il l’appelle « une loi de fraternité […] qui ouvre la possibilité de demander une aide à mourir ». À le lire, on est saturé de cette faconde sinueuse. Des sophismes rebattus sont pris comme arguments centraux : tromperie. La cohérence des propos est mise à mal à plusieurs endroits : confusion. Des objections lui ont été faites et qu’il cite de façon presque impartiale, mais sans réponse sur le fond : fausse honnêteté.  

Équivoque

Emmanuel Macron note à propos des sondages sur le droit de mourir dans la dignité (2) qu’il « faut être bizarre pour s’y opposer. Je n’ai croisé personne qui veut mourir dans l’indignité ». Mais le mot dignité a deux sens : la dignité physique ou morale d’un malade (premier sens du mot) qui peut être très altérée en raison d’un état général dramatiquement subi ; la dignité humaine, ontologique et immuable (deuxième sens) qui fonde le droit à la vie. Confondre ces deux sens et considérer que la vie ne mérite plus d’être respectée absolument, comme si l’on perdait sa dignité ontologique, lorsque la maladie ou la souffrance causent une sorte d’indignité relative au regard subjectif que soi-même ou les autres portent sur soi, c’est tromper son interlocuteur.  

Pétition de principe

Cette loi « concilie l’autonomie de l’individu et la solidarité de la nation ». On réservera la demande d’aide à mourir « aux personnes majeures […] et capables d’un discernement plein et entier ». Autonomie de l’individu (3), de quoi parle-t-on ? L’autonomie psychologique rend capable de choisir en toute responsabilité ; en ce sens, un dément, un comateux, un enfant immature, une personne sous influence, etc. ne sont pas des individus autonomes. Par son libre arbitre, l’homme est de plus moralement autonome, c’est-à-dire responsable de ses choix relativement à ce qui est bon pour lui. Il y aurait enfin cette autonomie absolutisée comme une instance souveraine de décider ce qui est bien ou mal, capable de décider, par exemple, que se donner la mort…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Bruno COUILLAUD

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociété

Pas de culture chrétienne sans Dieu

L’Essentiel de Joël Hautebert | De multiples motivations et intentions expliquent un regain de revendication de la culture française et chrétienne. Mais on ne peut vouloir une civilisation chrétienne en évacuant son fondement, Dieu, dans le mystère de la Sainte Trinité.

+

culture chrétienne
À la uneSociété

Europe : les chrétiens sont-ils en danger ?

Entretien | Fin décembre, le Centre européen pour le Droit et la Justice (ECLJ) a publié un rapport alarmant sur la haine antichrétienne en Europe. Son auteur, Thibault van den Bossche, dresse ici un état des lieux alarmant et préconise essentiellement des moyens d’action inscrits dans le système juridique européen.

+

haine anti chrétien
À la uneSociétéÉducation

Automne 1992 : un printemps pour l’école Saint-Dominique

En ce temps de la Nativité, je voudrais vous raconter l’histoire de la naissance de l’école Saint-Dominique du Pecq. En 1992, il y avait quelques dizaines de ces écoles hors contrat. Il y en a 2 600 aujourd’hui. Cette réalité doit être connue et soutenue par tous les moyens possibles. C’est le combat que nous menons chaque jour à la Fondation pour l’école. Bonne lecture !

+

école saint-dominique
Société

Clarification sur la labellisation des médias

C’est logique ! de François-Marie Portes | À l’heure où la « labellisation » des médias s’impose dans le débat public, la distinction entre information et opinion est souvent invoquée comme une évidence. Or cette séparation est plus fragile qu’il n’y paraît : toutes deux relèvent du même ordre du discours et ne se distinguent que par leur rapport à la preuve et à la certitude.

+

label médias
SociétéFin de vie

La Fondation Jérôme Lejeune mobilise contre l’euthanasie

Lancée au début du mois de décembre par la Fondation Jérôme Lejeune, la pétition « Euthanasie : ne nous laissons pas abattre ! » a mobilisé en quelques semaines plus de 12 000 signataires. Ce chiffre n'est pas un simple indicateur de mobilisation : il dit quelque chose de plus profond sur l'état du débat public français autour de la fin de vie et il appelle à être amplifié, par la signature et le relais de cette pétition, alors que le calendrier parlementaire s'accélère.

+

fondation Lejeune euthanasie