L’exposition | Georges de La Tour. Entre ombre et lumière

Publié le 10 Oct 2025
Georges de La Tour

Georges de La Tour, Les Larmes de saint Pierre ou Saint Pierre repentant, 1645, huile sur toile, 114 x 95 cm, The Cleveland Museum of Art, Gift of the Hanna Fund. © Courtesy of The Cleveland Museum of Art.

La peu nombreuse mais magistrale œuvre du peintre lorrain Georges de La Tour est exposée jusqu’au 26 janvier 2026 au musée Jacquemart André (Paris VIII) : « Entre ombre et lumière ».

 

Le Musée Jacquemart André met à l’honneur le peintre Georges de La Tour (1593- 1652). Célèbre en son temps, il fut complètement oublié jusqu’au début du XXᵉ siècle.

Ses œuvres se déclinent entre scène nocturne et scène diurne. Chaque peinture a une dimension silencieuse malgré les personnages qui ne sont pas toujours seuls. L’expression est statique comme si le temps s’arrêtait.

Aucun paysage, pas d’architecture mais des intérieurs dépouillés et réduits au minimum, le plateau d’une table (Les Joueurs de dés) et une bougie, ici cachée par le bras d’un des soldats coiffé d’un casque. Ils sont cinq, quatre de profil dont un plus âgé fume la pipe, pensif, sans regarder le jeu. Les autres, aux visages lisses et jeunes, sont absorbés par l’observation du résultat. Le travail des mains est remarquable mais aussi les vêtements et les cuirasses de ces jeunes militaires.

Peu de tableaux de ce maître sont venus jusqu’à nous. On en dénombre environ une quarantaine. Beaucoup ont dû disparaître lors de la guerre de Trente ans et de l’incendie de Lunéville où Georges de La Tour résidait avec sa famille.

Ce fils de boulanger est né à Vicq-sur-Seille, dans le duché indépendant de Lorraine. On ne connaît rien de sa formation au métier de peintre. Il s’est marié en 1617 à Diane Le Nerf, jeune femme issue de la petite noblesse de Lunéville. Dix enfants naissent de cette union mais seulement trois atteindront l’âge adulte dont son fils Étienne qui reprendra l’atelier.

Il mena une brillante carrière, travaillant pour de prestigieux mécènes et collectionneurs, comme les ducs de Lorraine, le cardinal Richelieu et en tant que peintre ordinaire du roi Louis XIII. En 1639, il se rend à Paris et reçoit la somme de 1000 livres sur le trésor royal. Le roi Louis XIII aurait eu dans sa chambre un Saint Sébastien soigné par Irène. 

Sur la trentaine d’œuvres présentées dans le parcours, une vingtaine est de sa main. Outre les portraits en pied de paysans ou de mendiants musiciens, quelques apôtres sont montrés dont le magnifique Saint Thomas (v. 1636) provenant du Louvre. L’étude en laboratoire de cette peinture a révélé que Georges de La Tour n’avait utilisé que 4 pigments (blanc de plomb, noir de carbone, ocre jaune et vermillon) pour réaliser la coloration subtile de cette œuvre, où le bleu gris de la cape du saint est peint sans bleu, ce qui témoigne de la science du maître…

Les célèbres œuvres de scènes nocturnes éclairées à la chandelle du Nouveau-Né (musée des Beaux-Arts de Rennes), Job raillé par sa femme (musée départemental d’Épinal), Saint Pierre repentant (The Cleveland Museum of Art) et la Madeleine pénitente (Washington, National Gallery of Art), d’une grande puissance émotionnelle, attestent de la main d’un artiste inspiré et profondément mystique.

Superbe !

 


e82e4b0df56f6ee0b15c3938de658fd7 la tourJusqu’au 26 janvier 2026.

Musée Jacquemart André
158 boulevard Haussmann, 75008 Paris.
Tél. : 01 45 62 11 59 – message@musee-jacquemart-andre.com

Ouvert du lundi au jeudi de 10h à 18h, le vendredi de 10h à 22h et les samedis et dimanches de 10h à 19h. 

 

>> à lire également : « La messe, trésor de la foi » : (re)découvrir la liturgie tridentine

 

Céline Vicq

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