L’exposition : Tombée en peinture… Nathalie Gobin (1964-1992). Une histoire de l’École d’Étampes

Publié le 12 Sep 2025
L’École d’Etampes, Nathalie Gobin

L’École d’Etampes, Nathalie Gobin, vers 1990, huile sur toile, H. 1,30 L. 1,62.

La peintre Nathalie Gobin (1964-1992) est mise en valeur par l’Hôtel Anne de Pisseleu d’Étampes grâce à la collection donnée au Musée intercommunal. Jusqu’au 12 octobre 2025.

 

La communauté d’Agglomération de l’Etampois Sud-Essonne met à l’honneur les peintures de Nathalie Gobin (1964-1992), trop tôt disparue, élève assidue et brillante de l’École d’Étampes. 40 œuvres, des peintures, dessins et gravures, ont été données au Musée intercommunal d’Étampes, enrichissant son fonds et assurant une visibilité durable à cette artiste. C’est à cette occasion qu’une sélection de ses réalisations est exposée en l’Hôtel Anne de Pisseleu.

L’école d’arts plastiques d’Étampes (91) a été fondée à en 1971 à l’initiative du peintre et historienne de l’art Geneviève Camex Barrez (1915-2008). Cette artiste demanda à Philippe Lejeune (1924-2014) de dispenser des cours d’initiation au portrait et à la composition. À travers le temps, l’Atelier de la Vigne gagne en réputation par son apprentissage traditionnel autour de ce maître et de ses élèves. Nathalie Gobin vient y travailler et devient une des artistes majeures de l’École d’Étampes. 

Cette jeune femme est « tombée en peinture » pour reprendre ses propres mots à la suite d’une visite aux Offices de Florence avec sa famille alors qu’elle n’avait que 11 ans. Séduite par le « Printemps de Botticelli, je résolus de m’instruire d’un métier si beau, qui permettrait de rejoindre une patrie si précise… » écrivait-elle.

Née à Bourges, elle est d’abord élève du peintre Jean-Claude Schaeffer (1939-2021) dont les deux huiles peintes dans sa grande jeunesse témoignent d’une certaine influence mais aussi d’une belle dextérité (Composition v. 1980, Reniement de Saint Pierre, d’après le pensionnaire de Saraceni [peintre anonyme caravagesque], v. 1984).

Puis, étudiante en histoire de l’art à Paris où elle réalise un brillant mémoire de maîtrise intitulé « Ciels et cieux, les nuages dans la peinture du Greco à Goya », elle découvre dans les mêmes années l’atelier de la Vigne où elle rencontre Philippe Lejeune (1924-2014). 

Les grands formats donnés à voir manifestent son sens de la composition et ses liens notoires avec l’École d’Étampes. Une grande toile portant ce titre, représente ses différents membres à la manière des maîtres du passé comme Henri Fantin Latour (1836-1904) dans son Hommage à Delacroix (1864). On y découvre une peinture classique avec de beaux effets de lumière. 

Recevant une Médaille d’or au Salon des artistes français en 1990 pour son tableau Les Béatitudes, elle est sélectionnée pour travailler à la Casa Vélasquez de Madrid. Elle réalise plusieurs toiles, parfois inachevées (touchante Vierge à l’Enfant, 1991), qui révèlent son travail préparatoire. Souffrant de solitude, elle remet en cause sa peinture et met fin à ses jours. Son brillant Samouraï (1990), autoportrait en pied magnifiquement peint où le sabre est remplacé par un gigantesque pinceau, témoigne de son grand talent mais aussi des turbulences de sa pensée…

 


Hôtel Anne-de-Pisseleu
Place de l’Hôtel-de-Ville-et-des-Droits-de-l’Homme,
91150 Étampes.
Tél. :01 64 94 99 10.

Jusqu’au 12 octobre 2025.
Ouvert tous les jours sauf le lundi.
Entrée libre.

Et du 6 septembre au 4 octobre 2025 : « Portraits d’atelier » au Studio Déclic
8-10 rue Aristide Briand, Étampes.
Entrée libre.

 

>> à lire également : Exposition : Les très riches Heures du Duc de Berry à Chantilly

 

Céline Vicq

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