Général Pau, un chef « bienveillant »

Publié le 11 Sep 2026
> Recension à retrouver dans le n° 1860.

  J’ai, dans mes archives, une carte postale de la première année de la Grande Guerre représentant « Trois grands chefs de nos armées : Castelnau, Joffre, Pau ». Ils arborent une mine confiante sous leur képi à feuilles de chêne d’or. Les Allemands n’ont pas pris Paris, le « miracle de la Marne » a sauvé la France. La guerre de positions commence. French generals général pau Autant les deux premiers généraux sont célèbres, autant le troisième est quasi inconnu du grand public et c’est tout à l’honneur du colonel Rémy Porte, l’un de nos grands historiens militaires, spécialiste du premier conflit mondial, auteur de nombreux ouvrages et responsable de l’excellent blog Guerres et conflits, d’avoir rendu justice dans son dernier livre au général Pau, le troisième chef, dans cette biographie bien documentée.

Un officier brillant

Jeune officier d’infanterie, Paul Pau est gravement blessé durant la guerre de 1870 et doit subir l’amputation de la main droite. Officier brillant, catholique pratiquant et affiché en ces temps de laïcisme et d’anticléricalisme violents, Pau, tout au long de sa carrière, est un modèle pour ses subordonnés. Chef « bienveillant » (le mot, à la mode aujourd’hui, revient souvent dans ses notations), il est admiré par Lyautey, son cadet, qui partage sa vision du commandement. Plusieurs fois chef de corps, il est pressenti pour le poste de généralissime mais refuse car il ne veut pas se voir imposer ses adjoints par le pouvoir politique. L’Action française persifle alors : « Ce n’est pas le plus digne, c’est le plus républicain qui aura la place. » Quittant le service actif en décembre 1913, il est rappelé en août 1914 et prend le commandement de l’armée d’Alsace avec laquelle il reconquiert, un temps, les « provinces perdues ». Pau est l’un des « généraux préférés des Poilus ». À partir de 1915, il joue un rôle militaire et diplomatique en Belgique (1915), dans les Balkans et en Russie (1915-1916), en Suisse (1917) au service des prisonniers et internés (près de 14 000 blessés et malades français sont internés en Suisse), en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Canada (1918-1919). Partout où il passe, on souligne sa simplicité et sa bonté. Après guerre, Pau s’implique dans d’innombrables institutions et associations caritatives au service des blessés et des anciens combattants. Il est président de la Société de Secours aux blessés militaire (SSBM), membre du conseil…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Christophe Carichon

Ce contenu pourrait vous intéresser

CultureArt et Patrimoine

L’exposition : Le triptyque de Moulins, l’éclat retrouvé d’un chef-d’œuvre de la Renaissance

Entre une exposition au Louvre et une autre au musée départemental Anne-de-Beaujeu à Moulins, le triptyque de la Vierge en gloire, dit « Triptyque de Moulins », est actuellement exposé au monastère royal de Brou (Ain) jusqu’au 3 janvier 2027. Après plusieurs années de restaurations, ce chef-d’œuvre attribué à Jean Hey retournera en 2028 à la cathédrale de Moulins, dans la sacristie réaménagée.

+

triptyque de Moulins vierge à l’enfant