Face aux États-Unis, le poids de la Chine

Publié le 07 Déc 2023
chine états-unis

Mercredi 15 novembre, Joe Biden, le président américain, et Xi Jinping, le Chinois, se sont rencontrés à Woodside, en Californie, à 50 km de San Francisco où se déroulait le sommet de l’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation), le forum de Coopération économique pour l’Asie-Pacifique. Le forum ne concernait les pays européens que de façon marginale. En revanche, la rencontre entre les deux présidents avait une importance plus grande à nos yeux puisqu’elle fait reculer la menace d’un conflit entre la Chine et les États-Unis. Conflit qui aurait des conséquences dramatiques pour les Européens en termes d’approvisionnements, de communications et de sécurité des déplacements. Or, sans être arrivée au point de non-retour, la menace se faisait plus pressante avec la fermeture des canaux de communication militaire entre les deux pays. À cela s’ajoutaient l’affaire du ballon chinois, présumé « espion », abattu au-dessus des États-Unis, les sanctions économiques décrétées contre Pékin par Washington et l’apparition sur le territoire américain du Fentanyl, une drogue de synthèse dont la composante principale, venue de Chine, fait des milliers de morts en Amérique du Nord.  

Un rapprochement réel entre les États-Unis et la Chine

Mais pourquoi ce rapprochement ? N’est-il que gesticulations diplomatiques sans portée réelle ? D’abord, il y a les faits. Xi a lui-même déclaré : « Pour deux grands pays comme la Chine et les États-Unis, se tourner mutuellement le dos n’est pas une option. » Mieux, dernières alternatives au déclenchement d’une guerre en cas de malentendu circonstanciel, les communications militaires vont se rétablir. Oui mais ! Le Chinois a dit qu’il est « irréaliste » pour un camp de chercher à « remodeler » l’autre. En d’autres termes, il exige de Washington de ne plus vouloir faire de la Chine une démocratie à l’occidentale. Cela renvoie aussi au dossier de Taïwan. Xi a quasiment exigé de son homologue américain de « cesser d’armer Taïwan » et, plus incroyable, de « soutenir la réunification de la Chine », autrement dit le rattachement de l’île à Pékin. Cela définit le cadre dans lequel la Chine veut placer ses relations avec Washington, plus largement avec le monde occidental : elle suggère des relations pacifiques mais à condition que nous la laissions faire ce qu’elle veut à l’intérieur, en matière de droits de l’homme, et à l’extérieur, en ce qui concerne Taïwan et, soyons-en sûrs, les archipels qu’elle veut accaparer aux dépens de ses voisins.…

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Alain Chevalérias

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