Frère François Mes, le « Fra Angelico du XXe siècle »

Publié le 30 Sep 2025
Frère François Mes

Le Lavement des pieds, par frère François.

Converti au catholicisme durant son service militaire, le Néerlandais Jaap Mes (1892-1983) devint moine bénédictin sous le nom de frère François. Envoyé en 1923 à l’abbaye de Wisques, il y demeura jusqu’à sa mort, laissant une œuvre picturale d’une rare intensité spirituelle. Entretien avec un moine de l’abbaye Saint-Paul de Wisques.

 

| Le frère François Mes, bien que moine de Saint-Paul d’Oosterhout, vécut la majeure partie de sa vie dans votre abbaye de Wisques. Quel est l’itinéraire de ce converti devenu moine artiste ?

FFM musee Sandelin S. Omer François Mes

Jaap Mes, en religion Frère François (1892-1983).

Jaap Mes naît à Haarlem (Pays-Bas) le 15 mars 1892 dans une famille protestante. Très vite il est attiré par les images religieuses et se lance dans le dessin. Après ses études primaires, il étudie les beaux-arts dans sa ville natale et à Amsterdam. Il fréquente les musées et copie des œuvres. Au cours de son service militaire (1913-1917), il se convertit au catholicisme : en 1914, le père abbé d’Oosterhout le reçoit dans l’Église catholique. L’élan de la conversion le conduit à entrer à l’abbaye d’Oosterhout comme frère convers, où il reçoit le nom de frère François (de Sales). Son père abbé l’invite à continuer de pratiquer son art. En août 1923, il l’envoie à Wisques, où une bonne partie des moines français sont rentrés en 1920 : sa mission est d’y peindre l’oratoire. Il ne quittera plus Wisques, tout en restant moine d’Oosterhout. Sans se dérober aux autres devoirs de la vie monastique, il a travaillé inlassablement jusqu’à sa mort en 1983, laissant une œuvre importante et de qualité, à l’intérieur et autour de son monastère et dans son pays d’origine, où il retournait pour des commandes.  

| Quel impact la persécution religieuse du début du XXe siècle a-t-elle eu sur la vie et l’art du frère François ? En quoi cette période fut-elle propice au renouveau de l’art sacré ?

La persécution religieuse n’a pas influé directement sur la vie et l’art du frère François. Mais elles ont créé des circonstances dont la Providence s’est servi pour son bien. L’abbaye d’Oosterhout, où il a d’abord exercé son talent, est un fruit de l’exil imposé aux moines de Wisques. Quand, au début des années 1920, moines et moniales ont pu retourner en France, ils trouvèrent leurs monastères délabrés. Après avoir suscité de nouveaux monastères à…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Marguerite Aubry

Marguerite Aubry

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneCultureHistoire

Saint Louis (1/8) : Une France capétienne contrastée

DOSSIER n° 1859 « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique » | Le royaume de France dont hérite le jeune Louis IX est traversé de profondes transformations politiques, économiques et territoriales, dont les promesses sont encore vacillantes. L'ordre ancien de la féodalité est peu à peu recomposé par le ministère royal.

+

saint louis france capétienne
CultureLectures

« Le Seigneur nous tend la main » : publication des sermons privés de Benoît XVI

Recensions | La Rédaction de L'Homme Nouveau vous propose une page culture, avec un choix de quelques livres religieux, essais ou BD. Notamment Le Seigneur nous tend la main. Méditations inédites 2005-2017, regroupant des sermons privés de Benoît XVI, ou encore Reportages de guerre, 1944-1945, reprenant l’œuvre documentaire de l’Américaine Lee Miller. Des idées de lecture à retrouver dans le n° 1858.

+

sermons privés de benoit xvi livres
Culture

La Nouvelle Droite est-elle de droite ?

La mouvance de la Nouvelle Droite vient de publier, sous la plume de l'un de ses sympathisants actifs, un panorama de son histoire depuis sa fondation, au lendemain de la guerre d'Algérie, jusqu'à nos jours et de son influence sur le monde actuel. Convergences et incompatibilités avec le catholicisme apparaissent bien.

+

nouvelle droite
CultureArt et Patrimoine

L’art contemporain est-il encore de l’art ?

Carte blanche à Yves Chiron | Will Gompertz est critique d’art et il a longtemps dirigé la Tate Galley de Londres. L’ouvrage qu’il a consacré en 2012 à l’art moderne et contemporain, sous le titre Que regardes-tu ?, a été traduit en 22 langues. Selon lui, l’art contemporain est passé de l’« œuvre » à l’« idée ». La fonction de l’art n’est plus d’embellir le monde mais de faire réfléchir la société. 

+

art contemporain