Inauguration du Mémorial de la Vendée Militaire avec Philippe de Villiers

Inauguration du Mémorial de la Vendée Militaire avec Philippe de Villiers L'Homme Nouveau

Entretien avec Reynald Secher, président de l’association Mémoire du futur, à l’occasion de l’inauguration du Mémorial de la Vendée Militaire.

Propos recueillis par Mayeul Renard

Le 13 mai dernier, après trente ans de restauration, a eu lieu l’inauguration du Mémorial de la Vendée Militaire et de la chapelle Saint-Pierre-ès-liens située près de Nantes. Que faut-il retenir de cette journée ?

Avant toute chose nous étions rassemblés pour fêter un anniversaire. J’ai acquis il y a trente ans la ruine d’une église vieille de mille ans et vouée à la destruction. Je l’ai rachetée parce qu’elle était l’âme du village et que le bâtiment en tant que tel avait un réel intérêt, étant une église rurale dans son jus. Pendant 30 ans, 2000 jeunes ont œuvré sur le chantier. La plupart étaient des étudiants et ils furent accompagnés par des dizaines de particuliers ou d’entreprises qui ont financé cette œuvre de restauration et de reconstruction. Cette journée était donc l’occasion de rendre hommage à cette jeunesse catholique dont on ne parle pas, qui est entreprenante, laborieuse, et fidèle, ainsi qu’à tous ceux qui se sont investis en nous donnant des matériaux, de l’argent et du temps.

Vous avez commencé cette restauration en 1992. Quelles en furent les grandes étapes ?

Les travaux ont débuté dès le lendemain de l’achat avec le défrichement du site. Il a fallu ensuite le vider parce que le lieu était devenu une véritable décharge et établir un audit du bâtiment. Après quoi des mesures immédiates de sauvetage ont été adoptées pour empêcher que des pans entiers de murs ne s’éboulent. Nous avons cherché la documentation qui existait sur ce bâtiment et notamment des éléments photographiques avant de faire une étude archéologique du site. Ainsi nous passions à la deuxième grande étape qui fut le démontage de tout ce qui était instable. Il fallait éviter l’écroulement des murs. L’écrêtement devenait indispensable pour retrouver une base solide et pouvoir avancer dans la reconstruction. Il s’agissait en effet de murs romains, remplit de terre et de paille, donc assez fragile avec l’œuvre du temps. Les jambages ont été remplacés, assurant par là-même le maintien des murs et la possibilité de restaurer les ouvertures. Enfin la pose de la toiture nous a bien occupés.

Vous ne vous êtes pas limités à la restauration de la chapelle…

En effet, en découvrant qu’il y avait une sacristie rasée à la fin de la Révolution nous entreprîmes de la rebâtir : ce n’était plus de la restauration, mais de la reconstruction. Et puis il y avait aussi au X-XIe siècle un prieuré que nous nous sommes mis en tête de réédifier. Il s’agissait là d’une création intellectuelle de notre part parce que le bâtiment tel qu’il existait n’avait que peu d’intérêt. Le prieuré originel était en effet très petit et en bois, nous voulions donc le remplacer par un prieuré grandiose et en pierre. Ces derniers travaux prirent trois directions : d’abord un ensemble souterrain qui passe par des couloirs et des cryptes, et au niveau du sol, la construction d’un cloître et d’une grande salle d’exposition.

Qu’avaient subi la chapelle et le prieuré pour en arriver à l’état dans lequel vous l’avez acheté ?

Cette chapelle a été fondée vers le Xe siècle et avait déjà été restaurée au XVIIe. Mais elle a été incendiée avec en son sein 74 habitants par la Colonne Infernale Cordelier, la même qui a sévi aux Lucs sur Boulogne, les 10 et 17 mars 1794 avant d’être restaurée tant bien que mal. C’est suite à la nationalisation des biens du clergé en 1905 qu’elle a été abandonnée et qu’elle s’est effondrée elle-même, faute d’entretien.

Quel est l’objectif du mémorial que vous avez installé dans le cloître ?

Le premier objectif était naturellement de restaurer ce bâtiment religieux important pour la paroisse. Nous voulions aussi installer à La-Chapelle-Basse-Mer un lieu qui permet de raconter l’histoire des guerres de Vendée et notamment l’extermination de la population par la Convention. Enfin nous construisions un lieu de rendez-vous et de rencontres pour des gens qui ont des points communs avec cette histoire et qui veulent se réunir.

Avez-vous une pierre d’autel dans l’autel de la chapelle ? Et savez-vous de quels martyrs sont les reliques qui y sont logées ?

Oui, il y a effectivement une pierre d’autel – notre chapelle a d’ailleurs déjà été utilisé dans le cadre de l’aumônerie des camps de restauration, nos aumôniers étant les chanoines de Lagrasse – mais comme souvent nous ignorons à qui appartiennent les reliques. En revanche notre chapelle abrite deux reliques majeures qui sont liées traditionnellement à notre paroisse. Celle-ci a en effet été fondée à partir d’un morceau du voile de la Vierge, malheureusement brûlé par les colonnes infernales en 1794. Un curé-recteur de La Chapelle-Basse-Mer du milieu du XIXe siècle, l’abbé Blais, a obtenu un autre morceau du voile marial de la cathédrale de Chartres, ainsi qu’un fragment de la Vraie Croix, aujourd’hui conservés par la paroisse. Par chance, nous conservons également, dans un reliquaire magnifique une autre parcelle du voile de la Vierge et un autre fragment de la Sainte Croix.

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