Jubilé des malades : Le silence de Dieu est présence

Publié le 16 Avr 2025
malade pape François
À l’occasion du Jubilé des malades à Rome le 6 avril dernier, le pape François a donné une homélie portant sur les Lamentations du peuple juif et la souffrance des malades.

 

S’inspirant des lectures du jour, le Pape donne, dans son homélie pour la messe du Jubilé des malades lue par Mgr Rino Fisichella ce 6 avril 2025, une bonne catéchèse sur le sens de la souffrance et de la maladie.

Il part tout d’abord de la phrase d’Isaïe : « Voici que je fais une chose nouvelle, déjà elle pointe, ne la reconnaissez-vous pas ? » Ces paroles d’Isaïe touchent prophétiquement une période très difficile pour le peuple élu : celle de l’Exil. Cette catastrophe suscita un immense cri de douleur parmi le peuple juif, une immense détresse dont l’écho se fait ressentir à travers le petit livre des Lamentations.

Pour le peuple de Juda, la prise de la ville représenta plus que la perte d’une capitale merveilleuse et presque imprenable, car Jérusalem était la cité de David et surtout la cité de Dieu. Son Temple s’y trouvait; c’était là qu’il avait choisi de vivre avec son peuple. Quand Jérusalem fut incendiée, le Temple détruit, le peuple déporté, la dynastie davidique éteinte à vue humaine, on sut que Dieu avait livré son peuple à l’ennemi. Il ne pouvait pas en être autrement.

Ces Lamentations expriment le chagrin du poète, non seulement à cause de la souffrance et de l’humiliation de son peuple, mais surtout à cause de quelque chose de plus profond et de bien plus grave : Dieu avait rejeté son peuple à cause de son péché. L’auteur des Lamentations, comme Isaïe, reprend la prédication prophétique contre le péché, mais alors que tout est à terre, il chante son espérance. Si le péché a causé le malheur, la conversion entraînera la béatitude, le retour et la reconstruction du temple.

L’Exil d’Israël est une leçon pour nous tous. C’est toujours dans un contexte de mort ou de souffrance que Dieu accomplit des choses nouvelles, plus belles que les anciennes. Après l’Exil naquit un peuple nouveau. Après la mort de Jésus, il en fut de même. C’est cette leçon que donna Jésus aux disciples d’Emmaüs.

Comme le peuple juif d’après l’exil, nous sommes invités à redécouvrir l’essentiel et l’unique nécessaire, en laissant tomber les fausses sécurités du passé qui n’étaient que des mirages qui nous conduisaient à la mort. Nous devons tous rester unis et marcher ensemble vers la lumière du monde qui est le Christ.

Puis le Pape commente l’épisode de la femme adultère. Il s’agit là d’une personne unique dont la vie a été complètement détruite par le péché et la voilà qui subit non l’exil mais une condamnation morale. Mais Jésus ne l’abandonne pas, tout en n’abrogeant pas la Loi mais en l’accomplissant dans son vrai sens. Pour la femme adultère, les portes de l’espérance étaient aussi fermées. Grâce à Jésus et à sa parole qui fait fuir ses détracteurs, elle peut revivre, connaître une nouvelle existence, sans le péché.

Ayons donc toujours confiance en Dieu. Cela est facile quand la vie est favorable ; cela devient plus difficile quand l’épreuve nous atteint, spécialement la maladie ou la souffrance. Dans de tels cas, on peut se sentir souvent sans espérance pour l’avenir, surtout si le silence de Dieu, comme ce fut le cas pour Job, nous pèse lourdement. Sachons pourtant que nous ne sommes jamais seuls et que ce silence pesant de Dieu est non pas une absence mais bien une présence.

Transformons les lieux de souffrance en lieux saints, en lieux de salut et de rédemption. « Une société qui n’arrive pas à accepter les souffrants, disait Benoît XVI, est une société cruelle et inhumaine. » Et il écrivait aussi : « La mesure de l’humanité se détermine essentiellement dans sa relation avec la souffrance. » Aidons les malades et si nous le sommes gardons l’espérance. Dieu est essentiellement amour et il est l’Emmanuel : Dieu avec nous.

 

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Un moine de Triors

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