Kateri Tekakwitha et la Nouvelle-France (4/4) : Une langue fraternelle

Publié le 28 Août 2026
Nouvelle-France langue accent canada Québec

Les Canadiens français ont conservé une langue qui a encore aujourd’hui de forts accents de « bel usage ». (Fêtes de la Nouvelle-France à Québec, 2019. © Jeangagnon, CC BY-SA 4.0)

DOSSIER n° 1860 : « Sainte Kateri Tekakwitha, la sainteté en Nouvelle-France »
Alors que l’accent des Québécois surprend toujours les Français, une plongée dans l’Histoire permet de saisir comment la prononciation de la langue française s’est transmise des deux côtés de l’Atlantique. Au Canada, le rôle joué par les « Filles du Roy » fut décisif.

  « Nulle part ailleurs on ne parle plus purement notre langue. On ne remarque même ici aucun Accent. » (1) Telle était l’opinion, en 1744, du père Pierre-François-Xavier de Charlevoix, concernant le français parlé en Nouvelle-France. Aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, nombreuses sont les voix concordantes. Chrestien Le Clercq note que les « Canadiens parlent avec assez de pureté, sans mauvais accent ». Louis-Armand de Lom d’Arce de Lahontan prétend quant à lui qu’« on parle ici parfaitement bien, sans mauvais accent ». Claude-Charles Bacqueville de La Potherie se surprend qu’« on ne saurait distinguer le parler d’aucune province dans les Canadiennes ». Pour le marquis de Montcalm, « les paysans canadiens parlent très bien le français ». Louis Antoine de Bougainville note que « les Canadiens parlent bien, avec aisance et leur accent est aussi bon qu’à Paris ». Même l’explorateur finlandais Pehr Kalm s’étonne: « Les gens du commun parlent ordinairement un français plus pur qu’en aucune province de France. Ils peuvent même rivaliser avec Paris. » Or, aujourd’hui, les Français de passage au Québec n’ont certainement pas la même impression. Comment expliquer ce changement majeur et d’où vient l’accent québécois ?

Histoire de la Nouvelle-France

On appelle « Nouvelle-France » l’épopée française au Canada qui s’étend du premier voyage de Jacques Cartier en 1534 jusqu’à la conquête anglaise de 1759.

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Carte de la Nouvelle-France vers 1750. © Pinpin, CC BY-SA 3.0

Jacques Cartier était un explorateur breton, parti de Saint-Malo avec le mandat royal de « descouvrir certaines ysles et pays où l’on dit qu’il se doibt trouver grant quantité d’or et autres riches choses ». Il y fera trois voyages, rencontrera des Autochtones, et ramènera même le fils du chef indien Donnacona ainsi qu’un majestueux orignal à François Ier (2). Il faudra attendre la fondation de l’Acadie en 1604 et surtout de Québec par Samuel de Champlain en 1608 pour qu’une vraie colonie s’implante. Pendant les…

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Dominique Boily | Ph.D.

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