Léon XIV : l’Assomption et la beauté divine de Marie

Publié le 26 Août 2026
assomption

Assomption, par Guido Reni, v. 1638.

Pour la solennité de l’Assomption à Castel Gandolfo, le pape Léon XIV prononcé son homélie sur la beauté éternelle car divine de la très Sainte Vierge Marie.

 

Par la proclamation solennelle de Pie XII, le 1er novembre 1950, l’Église nous enseigne comme dogme de foi que « Marie, une fois achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée à la gloire céleste, corps et âme. » L’Assomption de Marie est donc l’accomplissement de la plénitude de grâce que Dieu lui avait octroyée lors de sa conception immaculée. Le sensus fidei croyait à ce dogme depuis longtemps, mais ce n’est que depuis Pie XII que l’on est hérétique si l’on n’y croit pas.

Dans La Cité de Dieu, saint Augustin dit que toute l’Histoire du monde est une lutte entre deux amours : « l’amour de Dieu jusqu’à la perte de soi, jusqu’au don de soi, et l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, jusqu’à la haine des autres. »

Cette interprétation de l’Histoire comme lutte entre l’amour et l’égoïsme apparaît dans la première lecture extraite de l’Apocalypse. Les deux amours apparaissent à travers deux grandes métaphores : d’un côté, le dragon rouge, avec une manifestation impressionnante et inquiétante du pouvoir de l’égoïsme absolu, sans grâce, sans amour ; de l’autre la femme vêtue du soleil, ayant la lune sous les pieds, image de Marie triomphant au Ciel.

De nombreuses œuvres d’art représentent Marie en beauté s’élevant de la terre vers la voûte céleste. Les artistes veulent exprimer ainsi que le Cœur de Marie devient le lieu de rencontre entre le ciel et la terre, le temps et l’éternité.

Une apparente contradiction

Cette image semble, à première vue, contraster avec l’expérience de ce que le passage des années produit en nous. Avec l’âge, remarque le Pape, notre corps est moins agile et plus lourd. Apparaissent de nombreux signes de la vieillesse, ce qui tendrait à prouver que nous n’avons rien en commun avec cette belle Marie, si belle qu’elle a frappé toutes les voyantes, à commencer par sainte Bernadette. 

Pour comprendre cette apparente contradiction, on doit associer les deux signes, celui du corps incorruptible de la Mère de Dieu et celui de son Cœur immaculé, car c’est la pureté de l’âme qui, en Marie – comme en nous –, illumine et transfigure la personne. La glorification de Marie, corps et âme, nous enseigne que notre véritable beauté ne consiste pas à dissimuler les signes du temps qui passe, mais bien à montrer les signes de l’amour qui ne passe jamais.

Elle nous invite ainsi à remettre en question bon nombre de canons esthétiques de nature hédoniste et consumériste, que le monde nous impose et qui nous emprisonnent, nous faisant gaspiller des énergies précieuses dans ce qui n’a vraiment pas d’importance car non éternel. 

Découvrir la beauté divine

L’expérience nous fait rencontrer des personnes dont le visage est marqué par les années et les souffrances, mais qui rayonnent de sérénité et même de beauté. On peut penser ici à Benoît XVI. La vraie beauté réside dans la sainteté. Si donc nous voulons découvrir la beauté divine pour laquelle nous sommes faits, nous devons apprendre à la lire dans le visage tendre de l’enfant comme dans les rides d’une personne âgée. C’est l’amour et donc la sainteté qui est le plus bel ornement de l’homme.

Saint Paul VI disait que pour comprendre la signification de la beauté de Marie au Ciel, « il faut rendre superlatifs et absolus les termes que nous utilisons dans le langage terrestre ». Le pape François, quant à lui, a écrit : « Marie est celle qui sait transformer une grotte pour des animaux en maison de Jésus, avec de pauvres langes et une montagne de tendresse. »

Dans le Magnificat, Marie nous parle tout simplement de Dieu qui, en elle, se fit homme pour sauver les hommes ; de l’Éternel qui, en elle, se manifeste dans le temps pour rouvrir, à nous aussi, la voie de l’éternité. L’humble servante est la « petite échelle dans laquelle nous pouvons nous aussi rencontrer le Seigneur », comme le disait saint Paul VI.

Ne cherchons pas loin la sublimité du mystère de Marie au Ciel. On la rencontre là où règne la véritable charité, c’est-à-dire dans tous ceux qui apportent un peu de Ciel sur terre et font tendre la terre vers le Ciel. Le visage magnifique de Notre-Dame de l’Assomption est unique, mais familier, car nous sommes appelés à vivre la même plénitude de vie et à partager la même gloire que notre Maman du Ciel.

 

>> à lire également : Assomption ou Dormition ? Les mystères du 15 août

 

Un moine de Triors

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