La guerre : quand le droit empêche de voir la justice

Publié le 03 Fév 2026
guerre paix justice

Les propos de Donald Trump sur la paix ont révélé un profond malaise. (Photo : CC BY-SA 2.0, Gage Skidmore)

> C’est logique ! de François-Marie Portes
Un texto, une phrase peuvent parfois déclencher des montagnes de commentaires. Celui de Donald Trump concernant la paix a fait couler beaucoup d’encre. Il a surtout rappelé que la paix ne repose que sur la volonté de quelques dirigeants, et la fragilité d’un « droit international » qui ne repose, lui, sur rien. La paix et la justice doivent bien être les seules fins poursuivies.

  Un simple message. Un SMS. Quelques mots envoyés depuis un téléphone, et aussitôt relayés, commentés, disséqués. Donald Trump aurait écrit au Premier ministre norvégien qu’il ne se sentait plus « obligé de penser exclusivement à la paix », puisqu’il n’avait pas reçu le prix Nobel. Jonas Gahr Støre a confirmé l’échange, prenant soin de rappeler que le prix Nobel de la paix n’est pas attribué par la Norvège elle-même. Comme si la précision changeait le fond de l’affaire.

Indignation

L’indignation fut immédiate. Morale. Automatique. Rituelle. On s’est empressé de dénoncer la légèreté, l’arrogance, l’irresponsabilité. On a invoqué l’ordre international, le droit, la paix menacée. Mais cette réaction dit surtout notre malaise. Elle cherche à conjurer un trouble plus profond. Car ce message ne crée rien. Il ne manifeste pas un changement réel de politique américaine. Il ne fait que révéler ce qu’est la géopolitique, loin des slogans et des espoirs. Il révèle une vérité que notre époque refuse obstinément de penser : la paix internationale ne repose pas sur le droit, mais sur la volonté des dirigeants ou des peuples. Et cette volonté n’est pas inamovible. On invoque aussitôt le « droit international ». Comme une digue. Comme une garantie. Comme une évidence. Mais cette expression de « droit » est trompeuse. Elle rassure précisément parce qu’elle empêche de penser. Un droit, au sens classique, n’est pas une procédure. Ce n’est pas un texte. Ce n’est pas un engagement réciproque. Le droit est ce qui est dû en justice. Indépendamment des intérêts. Indépendamment des rapports de forces. Il suppose une mesure objective du juste. Il suppose aussi une autorité capable de juger et, en dernier ressort, de contraindre. Or rien de tout cela n’existe réellement à l’échelle internationale.

Pas de droit international…

Il n’y a pas de souverain bien commun aux États. Il n’y a pas d’instance supérieure capable d’imposer durablement le juste contre la volonté des puissants. Il n’existe donc pas de droit international au sens strict. Il existe…

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François-Marie Portes

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